ITW Kevin Moignoux & Sylvain Delfau
Dans ce numéro spécial, on va continuer la diffusion de nos interviews enregistrées sur le Paris Radio Show le mois dernier. Cette fois ci Rémy Bertholon et Olivier Oddou accueillont Kevin Moignoux, Secrétaire Général du SIRTI, et Sylvain Delfau, Président du SNRL et Co-Président de l’Association Les Locales. Ils discuteront des grands enjeux du secteur : les audiences du média en baisse, les difficultés de financement des acteurs publics, privés et associatifs, comment faire de la proximité dans ce contexte, les nouvelles habitudes d’écoute, la formation des jeunes aux métiers de la radio, ou encore l’évolution de la régulation.
Animation / réalisation : Olivier Oddou
Intervenant : Rémy Bertholon
Invités : Kevin Moignoux (Secrétaire Général du SIRTI) et Sylvain Delfau (Co-Président de l'Association Les Locales et Président du SNRL)
Crédits musicaux : Rob - It's a blast (BO du film 'Radiostars'), jingles produits par Pure Jingles [https://purejingles.com/]
Voix off : Estelle Hubert [https://estellehubert.com]
Contact
Par mail : [email protected] [https://www.vocast.fr/contact.html]
X : @DesOndesVocast [https://x.com/DesOndesVocast]
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Intervenant : Rémy Bertholon
Invités : Kevin Moignoux (Secrétaire Général du SIRTI) et Sylvain Delfau (Co-Président de l'Association Les Locales et Président du SNRL)
Crédits musicaux : Rob - It's a blast (BO du film 'Radiostars'), jingles produits par Pure Jingles [https://purejingles.com/]
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Speaker 2: Des ondes
Speaker 3: vocastes,
Speaker 2: l'univers de la radio
en podcast
Speaker 4: Salut à tous, c'est Olivier Audou des OnvoCast, c'est le
podcast qui parle de radio. Dans ce numéro spécial, on
va continuer la diffusion de nos interviews enregistrées sur le
Paris Radio Show le mois dernier. Cette fois-ci, avec Rémi Bertollon,
nous accueillerons Kevin Moignou, secrétaire général du CIRTI, et Sylvain Delfaux,
président du SNRL et co-président de l'association Les Locales. Nous
discuterons des grands enjeux du secteur, les audiences du média
en baisse, les difficultés de financement des acteurs, qu'ils soient publics,
privés ou associatifs, comment faire de la proximité dans ce contexte,
les nouvelles habitudes d'écoute ou encore l'évolution de la régulation.
Et on commence tout de suite avec le Zoom Actu.
Tout d'abord, les Radio Days Europe reviennent ce mois-ci à Riga,
en Lettonie. Ce sera du 22 au 24 mars. Il est toujours
temps de prendre vos billets, des ondes vocastes et partenaires presse.
Et grâce à ce partenariat, vous pouvez profiter d'une réduction
de 50 euros sur le ticket d'entrée. Il suffit pour cela
d'utiliser le code DOV26RIG. Et l'actu, c'est aussi le choc
pour NRJ avec la perte de sa licence nationale en Suède.
Le régulateur local a préféré à NRJ un média d'informations parlées.
NRJ tentera de prendre sa revanche sur les zones régionales
qui sont toujours en attente d'attribution. Et enfin, nouveauté de
ce podcast, nous avons mis en place un répondeur audio
pour des ondes vocastes. Il vous suffit d'aller sur vocaste. fr
slash répondeur. et nous laisser vos messages vocaux, que ce
soit vos informations exclusives et confidentielles pour notre rédaction, ou
bien des messages audios que vous souhaitez diffuser dans ce
podcast pour notre communauté. Alors, à vos micros, vocast. fr slash répondeur.
Et nous voici donc de retour au Paris Radio Show
avec Rémi Bertollon, avec le CIRTI et l'association Les Locales.
Paris Radio Show. Audio, musique, podcast.
Speaker 6: Et rebonjour, on a nos deux invités, nos deux invités
suivants qui sont arrivés. Kevin Moignou, secrétaire général du CIRTI
et Sylvain Delfaux, président du SNRL et aussi coprésident de
l'association Les Locales. Alors on a décidé de vous réunir
aujourd'hui parce qu'on a vu des signes d'entraide entre vous deux.
Alors avec vos difficultés respectives, d'abord il y avait tout le...
le budget qui concernait le FSER, on a vu un
soutien du CIRTI et inversement récemment sur la grande distribution aussi,
les radios associatives qui ont soutenu le CIRTI on voit
un petit peu le le paysage radio qui se serre
les coudes alors est-ce que c'est un signe de crise?
Mais en tout cas c'est aussi sympa de voir les
différents acteurs avec des objectifs parfois différents mais en même
temps un même amour de la radio se soutenir. On
va peut-être commencer avec la partie
Speaker 7: associative Rémi? Oui, on voulait s'intéresser forcément au FSER, voir
si les nouvelles sont bonnes et puis aussi avoir un
retour de l'état d'esprit des équipes puisque On a senti
que tout le monde était effaré de la pression qui
était mise depuis quelques semaines, quelques mois, tant au niveau
des animateurs, des rédactions et évidemment des équipes encadrantes.
Speaker 8: Oui, merci pour l'invitation. Alors tout d'abord, je tiens à
dire que ce n'est pas tant le CIRTI qu'on soutient.
En fait, c'est le secteur qu'on soutient, c'est la radio.
avec un grand R. C'est pour ça qu'effectivement, on a
des combats communs en ce moment, puisque la radio est
attaquée un petit peu partout. Donc c'est pour ça qu'on
arrive à signer des tribunes ensemble et à faire des
choses ensemble. le SNRL travaille depuis longtemps avec le SIRTI
dans la convention collective, il n'y a pas de sujet là-dessus.
De toute façon, chaque année, les négociations annuelles obligatoires sur
les salaires, on le fait ensemble, on est des syndicats
de salariés, pas trop nos, donc c'est normal qu'on discute
avec les syndicats de salariés. Aujourd'hui, le FSEUR, il est
sauvé pour cette année, puisque le budget a été voté hier,
enfin voté, il a été accepté,
Speaker 7: en
Speaker 8: tout cas il n'y a pas eu de rejet, de
nouveau rejet, donc on est un petit peu soulagés. Ça,
c'est la première question. Et puis, la deuxième, il va
falloir se battre pour l'année prochaine. Ça fait quand même
deux ans qu'on est attaqué. Donc, on n'imagine jamais 203. Donc,
on est déjà à l'attaque, en fait, avec l'autre syndicat
du secteur de la radio associative, avec les locales, bien sûr. Voilà,
on y travaille déjà avec les acteurs aussi, la DGMI,
le ministère, on sent que c'est quand même fébrile, donc
on va travailler. Et les équipes, alors quand vous parlez
des équipes, c'est des équipes des radios, c'est ça?
Speaker 7: Oui, c'est ça, des équipes
Speaker 8: Les équipes des radios, elles sont fatiguées quand même, parce
qu'en fait, lorsqu'on travaille presque... Un tiers, peut-être pas un tiers,
mais on va dire les réquarts de l'année sur la
défense juste du financement. Automatiquement, on fait moins de radio,
on fait moins d'actions sur le territoire, on fait moins
d'éducation aux médias, à l'information. On va moins rencontrer les gens,
on tend moins le micro aux gens qu'on a besoin.
Donc automatiquement, au bout d'un moment, ça fatigue parce qu'il
faut faire les deux en même temps. Donc oui, ça fatigue,
il faut faire attention à nos équipes.
Speaker 6: Le FSER, c'est une bonne nouvelle de le maintenir, mais
il n'a pas été réévalué depuis longtemps, mais au moins,
il n'est pas coupé. On voit encore des radios associatives disparaître.
Des fois, ce peut être pour des raisons budgétaires, des fois,
ce peut être pour d'autres raisons, peut-être envie de faire
autre chose. Mais on sent aussi une fébrilité sur les
autres types de financements qui sont en dehors du FSER,
notamment ceux qui venaient des collectivités locales.
Speaker 8: Oui, alors c'est vrai qu'en termes de nombre de radios,
il n'y a pas forcément moins de radios. Il y
en a chaque année un peu plus. Le FSER ne
baisse pas, mais... Vu qu'il y a plus de radios
qui souhaitent se faire accompagner par cette dotation, automatiquement, par radio,
ça baisse assez mathématique. Donc oui, les autres financements, en
tout cas, sont de plus en plus compliqués. On voit
qu'il y a des gens qui souhaiteraient que, par exemple,
les aides soient régionalisées. C'est un vrai problème, parce qu'on
voit que chaque région n'a pas la même politique. On
voit que au Pays de la Loire, par exemple, il
n'y a plus du tout de subvention autour de la culture.
Donc c'est hyper dangereux. Effectivement, il y a d'autres... Même
nos partenaires, il y a des radios qui sont très
dans la culture. Par exemple, je prends les radios de
la Ferra Rock, puisque Xavier est là de la Ferra,
qui accompagnent beaucoup la création musicale, accompagnent les festivals. Quand
un festival baisse sa voilure parce que les soutiens locaux
sont moindres, automatiquement, c'est peut-être des projets moins importants avec
ces radios-là. Donc en fait, oui, il y a quand
même des enjeux de revoir un petit peu tous ces
financements qui baissent
Speaker 7: Avec des emplois aidés qui sont de moins en moins
présents dans les équipes?
Speaker 8: Oui, il n'y a presque plus d'emplois aidés. Il y
a quelques emplois, on va dire, un peu aidés, mais
ce n'est pas comme dans les années... Après, les radios
ont su aussi se diversifier, ont su aller travailler sur
d'autres financements, mais on ne peut pas dire... Mais c'est surtout...
De toute façon, le secteur est très fébrile. On voit
qu'on est attaqué un petit peu partout, le secteur de
la culture, globalement. On est sur, effectivement, des baisses de financement,
des baisses de... d'aide ou de collaboration avec les acteurs
de la culture sur les territoires.
Speaker 6: Est-ce que dans un contexte de polarisation du débat politique,
est-ce que ça a aussi une influence sur ce financement,
notamment quand vos radios reçoivent des financements des collectivités locales?
Est-ce que ça peut avoir une influence pour retirer des
subventions
Speaker 8: Ça serait malheureux. Ça serait malheureux si à un moment donné, effectivement,
une partie de l'axe, de certains élus ont envie de
baisser des aides au pluralisme dans les territoires parce que
ces partis se diraient que les radios associatives ne tondront
pas le micro. Donc oui, ça serait désolant. Pour le moment,
on y veille. On fait attention, on regarde et on
pourra tirer des analyses. Mais c'est un vrai sujet, en
tout cas pour l'avenir.
Speaker 6: D'accord. Est-ce que... On peut l'élargir aussi pour les radios
indépendantes privées aussi. Est-ce que dans les radios associatives aussi,
vous avez le même vivier aussi de volontaires qui veulent
encore travailler en radio dans un contexte où ce média
est quelque part, et notamment pour les nouvelles générations, peut-être
un peu vieillot?
Speaker 8: Un peu vieillot, c'est vous qui le dites. Après, moi,
je ne suis pas persuadé. Je pense qu'on est l'avenir, justement,
parce qu'en fait, sur les territoires, quand on aura de
plus en plus de mal à se déplacer, on aura
besoin d'un média local. On a besoin des gens qui
tendent le micro. C'est quand même plus facile de parler
dans un micro. Nous, on est sur un territoire. Moi,
je suis en Bretagne. Il y a deux langues en
plus du français. C'est quand même plus facile pour les
gens de parler breton que de l'écrire. Beaucoup ne l'écrivent pas. Donc,
en fait, on a besoin des radios associatives et aussi
de radios locales. Après, oui, ça plaît toujours. C'est toujours
bizarre quand je viens au salon de la radio qu'on
me dise que ça ne plaît plus. Venez voir, venez
dans les territoires, vous connaissez quand même le territoire. Les
jeunes viennent toujours à la radio. Kevin le sait, ça
plaît toujours. Alors effectivement, il a évolué. On ne va
pas dire qu'on fait de la radio comme dans les années 80.
Et il faut qu'il évolue, il faut qu'il fasse de l'image,
il faut qu'il fasse d'autres choses. Mais à un moment donné,
le débat... Moi, la radio dont je suis administrateur, qui
est au sud de Rennes, qui n'est même pas dans
la métropole rennaise, venez le mercredi, vous allez voir s'il
n'y a pas de jeunes. Ils sont là, en fait,
les jeunes. Il y a plein de jeunes qui veulent
faire de la radio. Les stages de 3e, ils ont
envie de faire de la radio. Alors effectivement, ils sont
peut-être moins mono radio qu'avant. C'est-à-dire qu'avant, il n'y avait
que la radio et que la radio. Maintenant, il y
a la radio, mais il y a aussi les podcasts,
mais il y a aussi les réseaux sociaux. Voilà, on
a tous évolué, c'est normal. Mais on a un média d'avenir.
Speaker 6: Kevin, dans l'univers des radios privées, on cite souvent les
radios associatives comme étant la première étape avant de potentiellement
aller travailler aussi sur des radios privées, qu'elles soient locales
ou nationales. Est-ce qu'il y a un vivier effectivement de
candidats pour les métiers en
Speaker 9: radio? Évidemment, il y a toujours ce paysage radio qui
se construit dans une logique aussi d'évolution, d'où... On le
rappelait tout à l'heure, le soutien que l'on a eu
sur les sujets qui concernent l'ensemble du Média. Nous, on
le constate, et pour compléter la réponse de Sylvain il
y a quelques instants sur l'attachement en région, dans les territoires,
aux marques de radio, je pense qu'on le constate chaque
jour sur les élections municipales par exemple en ce moment.
où les candidats, ils savent trouver les radios locales dans
les territoires pour envoyer leur communiqué de presse, pour dire«
mais j'aimerais bien passer à l'antenne pour présenter mon programme».
On le voit aussi quand nos adhérents radios locales vont
organiser des spectacles dans les territoires, du spectacle vivant, du festival, voilà,
les … Les gens se précipitent pour aller récupérer des places,
pour être présents, pour aller à la rencontre des artistes.
Donc la radio évolue. On n'est plus sur une pure
logique de qu'est-ce que je fais comme audience sur ce territoire.
On est sur comment je participe au territoire, sur ce
que je fais à l'antenne, sur ce que je tiens
à faire en termes d'information. Nous, nos adhérents ont développé
par exemple une offre de presse en ligne qui est
très conséquente. On a une centaine de nos sites qui
sont rémunérés au titre des droits voisins des éditeurs de presse,
parce que sur leur site internet, ils ont une offre
de presse en ligne qui est complémentaire de ce qui
se fait à l'antenne, et donc ils reçoivent tous les
jours des communautés, des forces vives, des territoires, pour pouvoir
être présents à l'antenne, mais ces acteurs-là des territoires ont
aussi compris qu'il y avait des relais, parce que ce
que produisent ces sites-là des radios se retrouvent sur les
réseaux sociaux, et même parfois se retrouvent propulsés au niveau national,
parce qu'une radio sur un territoire a évoqué le sujet
en premier. Donc, Les marques restent fortes. Moi, je crois
vraiment à la logique de marque présente sur les territoires.
Parce que de toute façon, l'auditeur, il n'écoute pas la
radio associative, la radio indépendante. Il écoute la radio sur
son territoire. Il allume son autoradio le matin en prenant
sa voiture et il regarde l'offre qui lui est proposée.
Et donc, cet attachement aux marques, tout comme en télévision,
le téléspectateur prenait sa télécommande et puis il faisait les numéros.
En radio, il y a toujours ce réflexe-là. Et pour
être sur ta question de... du parcours de l'animateur, du technicien. Oui,
on a besoin que les radios associatives vivent bien sur
ce milieu-là, parce qu'il y a surtout dans les radios
associatives peut-être des formats d'émissions un peu plus libres, il
y a des propositions à l'antenne qui... qui sont peut-être
moins normées, parce que c'est le paysage qui s'est développé
comme ça, parce que l'enjeu d'audience est réduit, même s'il
y a des problématiques d'audience pour les radios sociétiques, et
que toute radio a envie de faire de l'audience, et
n'est pas là pour se faire plaisir et dire« je
parle dans un micro», donc il y a toujours le
regard de l'audience qui est là derrière, et donc c'est
pour ça qu'on travaille beaucoup sur les filières métiers. Parce
qu'on a besoin qu'une personne qui est intéressée par le
média radio débute dans une radio associative et puis développe
son parcours. Et je pense que c'est l'intérêt de l'ensemble
de la chaîne des employeurs parce qu'ils vont passer d'une
radio associative à une radio de territoire privé. Et puis après,
ils vont peut-être faire un petit passage ici. dans le
service public, et puis ils vont atterrir sur une radio nationale.
Et on voit ces parcours-là. Regardez les gens qui sont
à l'antenne sur des radios nationales. Souvent, ils ont débuté
sur une radio associative, sur une radio locale, et ce
parcours continue à exister
Speaker 6: Le financement de cette proximité, dont on a déjà parlé
pour les radios associatives, les radios du Sirti, elles, dont
beaucoup de radios locales, sont financées uniquement par la publicité.
Quel est l'état du marché publicitaire pour les adhérents du Sirti,
et quels sont les gros challenges actuels? On sent qu'il
y a beaucoup de menaces, beaucoup de compétitions du numérique,
c'est ce qu'on entend ces derniers mois. Des grosses difficultés,
aussi l'attaque de la télé segmentée, potentiellement la dérégulation sur
les grandes surfaces. Quel est un peu l'état actuel et
l'état d'esprit des adhérents du CIRTIM?
Speaker 9: Alors nous, nos adhérents, ils ont un financement 100% publicitaire.
Donc en fait, le travail du CIRTI, il est pleinement
consacré sur ces sujets. On passe beaucoup de temps sur
les problématiques publicitaires, que ce soit la régulation des marchés,
parce que la France a organisé depuis les années 90 les
marchés publicitaires avec des secteurs interdits, avec des dogmes assez
forts qui est par exemple un programme local, pub local.
Donc pour accéder à la publicité locale, il faut proposer
un programme local. Et donc nous, nous sommes attachés à
ces éléments-là, non pas pour le plaisir d'y être attachés,
mais parce que ça constitue la base du financement de
nos adhérents, qui est aujourd'hui sur de la publicité locale
pour la grande majorité d'entre eux. Ceux qui sont sur
des formats thématiques nationaux, eux, ont de la publicité nationale exclusivement.
mais nos adhérents en local accèdent aussi à la publicité nationale,
soit via le génie aux Indes Radio, soit via d'autres
régies publicitaires qui existent. Nous, nos adhérents travaillent avec toutes
les régies publicitaires, quasiment toutes les régies publicitaires. Aujourd'hui, les risques,
on les voit. Il y a la question du local,
où effectivement, des acteurs du numérique accèdent à la publicité
locale sans aucune règle, et donc peuvent proposer, notamment, que
ce soit des tout petits commerces ou des tout petits événements,
des offres publicitaires qui sont en plus souvent facilement engageables avec,
vous prenez votre carte bleue, vous allez sur le site,
vous pouvez activer de la publicité et puis vous avez
le sentiment d'avoir un retour sur investissement très vite avec
de la data même que vous ne comprenez pas, mais
vous avez le sentiment d'avoir quelque chose qui fonctionne derrière.
Donc on a ces enjeux sur les marchés locaux. On
a des grands acteurs de la télé qui, via la
télévision segmentée, sont tentés d'accéder aux marchés locaux. Alors il
y a des verrous qui existent et nous, notre souci,
c'est de faire respecter ces verrous-là Des verrous qui ont
été mis en place dans les textes réglementaires qu'ils organisent.
Donc on est vigilant avec nos adhérents.
Speaker 6: En gros, ils n'ont pas le droit de citer l'adresse
d'un commerce local, par
Speaker 9: exemple. C'est au-delà de l'adresse. Ils n'ont pas le droit
de citer même un nom de ville. Donc si on
parle d'une grande surface, on ne peut pas dire bréco-marché, abrive.
Ce n'est pas que dire l'adresse, c'est de donner une
identification locale au spot pour que la télévision nationale, qui
ne propose pas de programme local... n'accèdent pas aux annonceurs
locaux aujourd'hui on a quelques sujets en cours avec le
régulateur et les pouvoirs publics parce que cette règle là
est pas
Speaker 6: est-ce que de votre point de vue la télé est
surfinancée par rapport à la radio parce que c'est déjà
naturellement les agences achètent plus de télé que de radio
je dirais
Speaker 9: pas qu'elle est surfinancée aujourd'hui la télé est un média
important pour les françaises et les français donc en fait
elle a une place dans les mix médias qui est
très important il y a une puissance du média radio
c'est aussi le travail qu'on fait au CIRTI mais qu'on
fait avec l'alliance de la radio par exemple que le
CIRTI a cofondé il y a un an quasiment un
an maintenant avec un volet promotion du média radio car
le média radio est encore un média puissant qui est
fortement écouté sur les cibles publicitaires qui intéressent donc il
y a un travail des régies publicitaires des radios privées
pour valoriser mettre en avant ce travail là je pense
pendant longtemps et ça c'est ce qu'évoquait Sylvain au début
de son intervention où chacun était dans son coin, dans
son couloir de nage, où on regardait nos petits sujets.
J'ai connu ça quand je suis arrivé au Sirti, il
y a maintenant plus d'une dizaine d'années. Et cette époque-là
est révolue. Cette époque-là est révolue parce qu'on a compris
au sein du Média Radio qu'on était un seul et
unique média et que si on voulait que notre média
existe et se développe en tant que média, il fallait
que sur les sujets importants, on travaille ensemble sur des
rendez-vous institutionnels, sur la négociation de la convention collective. Et donc, nous,
c'est le travail qu'on a fait au CIRTI où aujourd'hui,
on a l'alliance de la radio qui rassemble les radios privées.
Il y a 4-5 ans, il y avait chacun sa structure,
chacun dans son coin. Il y a une structure qui
nous rassemble. On a une fédération des employeurs de la
radio qui rassemble sur la partie travail au sein de
la convention collective, les radios privées et même les radios d'autoroute,
les radios d'outre-mer. Et puis on a, ensemble sur le
DAB +, qui porte le sujet DAB +, on est
même au-delà, on a le service public, on a les
radios associatives. Donc on élargit notre travail en commun parce
que c'est indispensable.
Speaker 6: Est-ce qu'il y a encore des... Est-ce qu'on voit vraiment
cette industrie radio par rapport à il y a 10 ou 15 ans? Même,
il y avait les grands groupes contre les petites radios.
Il peut y avoir énormément de critères. Et même entre
grands groupes, par exemple, on a l'impression vraiment que l'industrie
est de plus en plus soudée et travaille de plus
en plus de manière collective. Est-ce qu'il y a encore
des sujets qui vous opposent entre, je dirais, Radio Ducerti
et alors soit groupes nationaux, soit radios associatives? Mais
Speaker 9: il y a toujours des... En fait, si je prends
groupe par groupe, j'ai toujours des sujets qui nous rassemblent
et des sujets qui nous divisent. Voilà. Euh... Je peux
prendre un exemple très concret. Aujourd'hui, par exemple, le groupe
M6 RTL, nous n'avons pas la même position sur les
secteurs interdits parce que c'est un groupe qui fait prioritairement
de la télé et donc qui a un intérêt, a
une remise en cause des secteurs interdits pour ses enjeux
en télévision, donc son média radio. n'intervient pas dans les
actions qu'on peut faire. Par contre, on va travailler ensemble
pour de la plus, on est ensemble à la Fédération
des employeurs de la radio, et donc là, on arrive,
on fait des fois même des réunions à la journée
où le matin, on est d'accord, l'après-midi, on n'est pas d'accord.
Et je pense que sur les radios associatives, c'est la
même chose. On a des sujets en commun. Si demain,
le ministère dit, tiens, on va déplafonner l'accès à la publicité,
ce n'est pas 20%, c'est 50%, on ne sera pas d'accord.
Et nous, on fera communiquer en disant que c'est un problème.
Peut-être qu'eux diront que ça nous va. Et puis, chacun
portera ses sujets. Je pense qu'il y a une maturité aussi.
Peut-être qu'il y a quelques années, il y avait un
côté guéguerre où on sortait le drapeau et puis on
allait à la guerre. Aujourd'hui, on a conscience qu'on a
les sujets sur lesquels on est d'accord. On a les
sujets sur lesquels on n'est pas d'accord et on est
capable de s'en parler. Et même avec la télé. Aujourd'hui,
avec les acteurs de la télé, les syndicats de télé...
On est capable de se parler pour se dire sur
ça on n'est pas d'accord et pour trahir quasi par
un secret mais presque, on est capable de discuter avec
le syndicat télé et même la semaine dernière sur l'évolution
du sujet dont tu parlais des secteurs interdits, on a
même partagé les informations avec le syndicat de la télé
pour savoir tiens tu as de l'info, moi je n'en
ai pas et on est capable de s'appeler pour savoir
le premier qui aura eu le ministère pour lui dire
une info dans un sens ou dans l'autre. Et pourquoi?
Parce qu'il y a une maturité, parce qu'il y a...
Les adversaires ne sont pas forcément l'autre média. C'est les
acteurs du numérique qui, eux, sont sans foi ni loi
et nous siphonnent nos financements, nos marchés publicitaires et même
parfois
Speaker 6: notre
Speaker 9: crédibilité, notre contenu. On a expliqué que les vieux médias régulés,
tout ça, c'est du passé
Speaker 6: Sylvain Delfaux, on a beaucoup parlé, forcément, ces dernières années,
ces derniers mois, 18 mois, du problème du financement. C'est ce
qui a beaucoup occupé, j'imagine... aussi bien le SNRL que
la CNRA. Je voulais savoir quels étaient les autres gros
sujets qui occupent les radios associatives actuellement.
Speaker 8: Un gros sujet, c'est un sujet qu'on a aussi avec
le CIRTI, c'est la grande branche de la radiodiffusion. On
travaille depuis combien de temps, Kevin? 6 ans? 10
Speaker 9: ans
On disait ça hier soir, on va fêter la 10ème
année du périmètre utile à la négociation en France. en
début d'année 2027, donc ça va faire quasiment 10 ans qu'on est
sur le sujet
Speaker 8: Parce qu'il y a, entre autres, par exemple, aujourd'hui, dans
la Convention collective, il n'y a pas Radio France. Alors,
il n'y a pas que Radio France, il y en
a d'autres aussi, mais entre autres, Radio France n'est pas
dans notre Convention collective. Aujourd'hui, l'État nous a dit, à
un moment donné, la DGT, donc Direction du Travail, nous
dit que ce serait bien de faire une grande branche
de la radio. Donc, en fait, on négocie depuis pas
loin de 10 ans sur ça. Et donc, quand on dit
on négocie, ce n'est pas une réunion tous les 3 mois.
C'est peut-être 3 réunions en ce moment par semaine, faciles.— Sur
cette négociation, parce qu'il y a des points de friction.
Donc en fait, voilà, il y a des gros sujets
comme ça. Il y aura toujours un sujet autour de
la musique, autour de la SACEM. Il y a toujours
des sujets qui importent de toute façon. Et puis le
financement au-delà du FSVR, c'est la pérennité des radios sur
le DAB, sur... Voilà. On n'a pas parlé de radio player,
mais l'idée, c'est qu'il y a des sujets qui... en
commun avec le CIRTI et les autres radios. C'est, par exemple,
Radio Player, où nous, on a décidé d'y aller aussi
parce que c'est un enjeu, justement, parce que les adversaires d'aujourd'hui,
en fait, sont les grands groupes qui sont internationaux et
pas du tout français. Et c'est eux qu'on combat tous
les jours, en fait.
Speaker 6: Alors, vous ouvrez sur Radio Player, qui est un des
canaux de diffusion, je dirais, modernes. Alors, en plus de
l'AFM historique, mais aussi le DAB, etc. On... On observe
quand même une baisse de l'audience du média radio. Quelle
est votre analyse de cette baisse qui est quand même
assez importante? Je pense qu'on va perdre un million par
an ou quelque chose comme ça. Chaque année, est-ce qu'il
y
Speaker 9: a...
Speaker 8: Je pense qu'il y aura peut-être une analyse plus précise, Kevin,
sur la... Sur les audiences, mais moi, ce que je vois,
c'est qu'en fait, entre effectivement il y a 20 ans et aujourd'hui,
il y a énormément de possibilités pour les gens de
consommer autrement que de la radio en linéaire. Donc je
pense que les gens, voilà, ils sont aussi accaparés par
pas mal de choses, mais je pense que c'est quand
même un mass-média, quoi. En fait, on reste quand même
énormément écoutés dans ce monde actuel, quoi.
Speaker 9: Et ce qui baisse aujourd'hui, c'est l'écoute quotidienne du média
radio dans sa version linéaire. En fait, c'est ça l'indicateur
que donne Médiamétrie lorsqu'il y a le IR qui sort
à chaque...
Speaker 6: IR national
Speaker 9: Le IR national. Est-ce que vous avez écouté du lundi
au vendredi au moins une fois dans la journée
Speaker 6: Non, non, est-ce que vous avez écouté les dernières 24 heures? Oui,
c'est ça sur la journée, oui
Speaker 9: On va dire que c'est une écoute quotidienne. et ça
effectivement on est un indicateur qui en baisse après quand
on prend des chiffres et je pense que c'est aussi
une évolution du média et d'un enjeu de communication du
média ce qui est intéressant de regarder c'est les chiffres
aux semaines c'est les chiffres aux mois C'est aussi la
place du média radio dans l'audio numérique qui est pour
le podcast. Aujourd'hui, l'offre de podcast est très large avec
des pureplayers et des acteurs venus de la radio. Mais
l'écoute du podcast se fait majoritairement aujourd'hui sur des programmes
de radio, que ce soit du replay, que ce soit
du programme natif. On a beaucoup de nos adhérents qui
proposent du contenu éditorial uniquement en podcast qui est lié
au territoire, qui est lié à des partenaires avec des
clubs sportifs, qui est lié à des événements spécifiques qui
peuvent être mis en place. Je pense qu'aujourd'hui, le média radio,
mais un peu comme sur le modèle de la télé,
a besoin aussi d'évoluer dans son rapport avec les auditeurs.
Et on ne peut pas se contenter d'avoir ce critère-là
de l'écoute jour. Il y a des évolutions. Et donc,
on le constate. Après, on a un univers de l'audio
qui a évolué. On a les plateformes d'écoute musicale qui
sont rentrées dans le jeu. On a effectivement des acteurs
du podcast natif qu'on regarde aussi en termes de régulation.
Parce que finalement, c'est des acteurs qui, aujourd'hui... ne sont
pas dans la convention collective de la radio, n'ont pas
forcément de régulation ni de contraintes que l'on peut avoir.
Quelqu'un qui voudrait créer un podcast demain sur les élections
municipales dans sa ville, il peut aller jusqu'au dernier jour
faire un contenu d'émission sans aucun équilibre des temps de parole.
Alors que nous, depuis hier, si vous recevez le maire
de Rennes, ce que tu vas probablement faire, il faut
recevoir son opposant et il faut dire à chaque fois
que les listes candidats sont un tel, un tel, un tel.
Donc il y a des contraintes aujourd'hui sur le média
radio que ne connaissent pas les éditeurs de podcast et
c'est aussi un sujet sur lequel on travaille pour faire
entrer un moment tout le monde dans la régulation
Parfait
Speaker 6: Sylvain Delpho et Kevin Moignou,
Speaker 9: merci beaucoup
Speaker 3: Merci beaucoup à vous.
Speaker 4: Et des ondes vocastes, c'est terminé pour cet épisode. C'était
Olivier Audou avec Rémi Bertollon à mes côtés. Dans quelques jours,
vous allez retrouver une nouvelle interview depuis le Paris Radio Show,
avec cette fois-ci Jean-Éric Valli, président des Indes Radio, et
Bertrand Spinelli, de la régie Skyrock Public, pour un focus
dédié aux régies publicitaires radio et leur challenge actuel. Salut!
Speaker 5: Des
Speaker 4: ondes vocastes.



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