RTL fête ses 60 ans : ITW avec Laurent Marsick
Dans ce numéro, Des Ondes Vocast, LE podcast qui parle de RADIO, revient sur les 60 ans de RTL avec Laurent Marsick, journaliste sur RTL, et grand collectionneur et archiviste de la première radio généraliste privée de France.
Pour commencer, un point sur les actus du secteur de la radio.
Au micro de Rémy Bertholon, Laurent Marsick revient sur la grande fête qui a réuni sur plusieurs jours les équipes anciennes et actuelles de RTL, ainsi que des auditeurs de toutes les générations. Laurent rappelle aussi l'ADN de RTL, tant sur l'info que sur le divertissement, qui n'a pas changé depuis des décennies. Il revient sur l'origine des Grosses Têtes et la recette d'une grille qui a toujours privilégié une grande diversité de contenus et qui s'adresse à toutes les générations et classes de la population. Laurent Marsick revient aussi sur le rapport privilégié qu'a su tisser RTL avec la musique et les artistes, notamment sous la houlette de Monique le Marcis pendant de nombreuses années.
Animation / réalisation : Rémy Bertholon
Intervenants : Laurent Marsick
Crédits musicaux : Rob - It's a blast (BO du film 'Radiostars'), jingles produits par Pure Jingles [https://purejingles.com/]
Voix off : Estelle Hubert [https://estellehubert.com]
Contact
Par mail : [email protected] [https://www.vocast.fr/contact.html]
X : @DesOndesVocast [https://x.com/DesOndesVocast]
Pour commencer, un point sur les actus du secteur de la radio.
Au micro de Rémy Bertholon, Laurent Marsick revient sur la grande fête qui a réuni sur plusieurs jours les équipes anciennes et actuelles de RTL, ainsi que des auditeurs de toutes les générations. Laurent rappelle aussi l'ADN de RTL, tant sur l'info que sur le divertissement, qui n'a pas changé depuis des décennies. Il revient sur l'origine des Grosses Têtes et la recette d'une grille qui a toujours privilégié une grande diversité de contenus et qui s'adresse à toutes les générations et classes de la population. Laurent Marsick revient aussi sur le rapport privilégié qu'a su tisser RTL avec la musique et les artistes, notamment sous la houlette de Monique le Marcis pendant de nombreuses années.
Animation / réalisation : Rémy Bertholon
Intervenants : Laurent Marsick
Crédits musicaux : Rob - It's a blast (BO du film 'Radiostars'), jingles produits par Pure Jingles [https://purejingles.com/]
Voix off : Estelle Hubert [https://estellehubert.com]
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Speaker 2: Des ondes vocastes,
Speaker 3: l'univers de
Speaker 2: la
Speaker 3: radio, en
Speaker 4: podcast. 60 ans, ça se fête! Des ondes vocastes, salut!
C'est Rémi Berthelon. Aujourd'hui, on s'intéresse à RTL qui vient
de célébrer ses 60 ans. Une radio qui est restée
généraliste tout au long de son histoire. Et son histoire,
Laurent Marcic la connaît très bien. Il est journaliste média
à RTL. mais aussi l'une des mémoires de la station
passionnée par ses archives. Avec lui, on va revenir sur
les trois grands piliers de RTL. L'information, le divertissement et
la proximité avec les artistes comme les auditeurs. Laurent est
avec nous juste après l'actu débat. Un épisode également piloté
par Olivier Audou et Julien Vigier. Des ondes vocastes, c'est parti!
Des ondes vocastes? Dans l'actu, ce mois-ci, il y a
ce qu'on appelle la loi Laffont. En réalité, c'est encore
une proposition de loi portée par le sénateur Laurent Laffont
et qui a été adoptée par le Sénat le 13
octobre avant d'être transmise à l'Assemblée nationale. L'idée, c'est de
moderniser le fonctionnement de la radio. Première piste, alléger les
interminables mentions légales dans les publicités. Deuxième objectif, accélérer le
développement du DAB +. et puis donner davantage de souplesse
aux radios locales, avec notamment la possibilité, sous certaines conditions,
de faire évoluer leur zone de diffusion. Donc attention, la
loi Lafond n'est pas encore une loi définitive, mais c'est
un texte qui pourrait avoir des conséquences concrètes dans le secteur.
L'autre gros dossier du moment, c'est Move qui a quitté
la FM. Comme vous le savez, le 31 août, l'ARCOM
a retiré ses autorisations. Et surtout, 30 des fréquences libérées
par Move sont aujourd'hui remises en jeu. Au total, 140
dossiers ont été jugés recevables pour ces fréquences. Autrement dit,
il y a beaucoup de radios qui regardent ça de
très près parce que certaines fréquences sont particulièrement intéressantes et
pourraient permettre à des réseaux privés de se développer. Maintenant,
tout l'enjeu, c'est de voir qui va récupérer quoi. Est-ce
qu'il y aura des grands gagnants? Quel sera l'impact économique
pour les groupes radios? Et surtout, est-ce que l'auditeur va
découvrir de nouvelles offres sur ces fréquences? Les choix de
l'ARCOM seront donc très intéressants à analyser, à faire à suivre.
Speaker 2: Des ondes vocaces.
Speaker 4: Et puis une nouvelle arrivée dans le paysage radio, c'est
Nostalgie 6070. L'Arcom a choisi cette nouvelle radio pour remplacer
Skyrock Classics sur le multiplex national M1. Le concept est simple,
vous le savez, les grands titres des années 60-70. L'autorisation
a été accordée en septembre et Nostalgie 6070 a commencé
à émettre le 5 octobre. Un choix qui a surpris
certains observateurs du secteur, notamment parce que la radio arrive
sur le terrain où Melody est déjà présente avec un
développement DAB +, engagé depuis plusieurs années. Une nouvelle concurrence
donc sur le format 6070. Et là encore, on verra
les conséquences dans les prochains mois
Speaker 2: Des invocastes?
Speaker 4: Les 60 ans d'RTL, on ne pouvait pas passer à côté.
Et pour cela, on a décidé d'inviter un des spécialistes
de la question. On a le plaisir d'être avec Laurent Marcic. Bonjour.
Bonjour Rémi. Merci d'être là Laurent, journaliste média et mémoire
de RTL. Évidemment, on va parler de cette fête organisée
pour les 60 ans. On a beaucoup de choses à
voir avec toi, on va parler de l'info RTL, des
grands divertissements et de cette proximité qui s'est forgée avec
le temps entre les auditeurs et la radio. On va
commencer peut-être par cet anniversaire, on a entendu des grandes
voix historiques, des émissions aussi spéciales, sans pour autant dénaturer
la grille actuelle. Alors comment ça s'est passé cet anniversaire,
côté coulisses, est-ce qu'il y a eu de belles retrouvailles
Speaker 5: Oui, ce qui est chouette, c'est que Jonathan Curiel, notre
patron de RTL, et toutes les équipes de la direction
ont eu, je trouve, l'idée géniale de ne pas seulement
inviter les anciennes stars de la maison, mais d'inviter tout
le monde. Et ce qui fait que c'était un peu
comme une grande réunion de famille où on a retrouvé
à la fois des techniciens, des réalisateurs, des journalistes, des assistantes,
parce que c'est toute une chaîne la radio, et sans
les techniciens on n'est rien, sans les assistantes on n'est rien,
et c'était très très chouette de voir revenir tout ce
monde-là à RTL, comme si on ne s'était jamais perdu
de vue, alors que tout le monde a eu des parcours,
il y en a qui sont à la retraite, etc.
Et c'était assez rigolo de revoir tout le monde, on
s'est un peu tous tombés dans les bras, c'était un
joli moment en tout cas.
Speaker 4: Et le point commun, c'est la passion de la radio
et de cette radio-là, RTL. Est-ce qu'il y avait des
échanges avec les gens de l'ombre? Je pense aux anciens réalisateurs,
par exemple, avec les personnalités de l'antenne d'aujourd'hui
Speaker 5: C'était un chouette moment. On a un peu refait le monde,
on a un peu refait la radio, évidemment. Ils sont
tous très attentifs à ce que RTL est devenu. Ils
sont souvent très critiques parfois, mais aussi, ils notent quand
il y a des choses chouettes qui sont faites. Il
y a un lien qui est resté pour tout le
monde avec RTL. C'est assez difficile à expliquer. Moi, je
suis en lien avec eux sur les réseaux sociaux, avec
tous les anciens, je parle. Ils n'hésitent pas à interpeller.
Ils continuent à écouter. Ils continuent de temps en temps
à à faire des critiques, parfois c'est constructif, parfois c'est épidermique,
mais ça fait du bien aussi de savoir qu'ils sont
là et qu'ils veillent sur nous.
Speaker 4: On en reparlera du lien qui a été tissé au
fil des années entre RTL et ses auditeurs, mais en
tout cas, pour cette journée anniversaire, on les a entendus
à l'antenne, les auditeurs d'RTL, et ils ont été reçus
aussi dans les locaux.
Speaker 5: C'était assez étonnant de voir. Il y avait un petit
peu de tout. Il y avait des gens qui écoutaient
RTL depuis l'époque Radio Luxembourg, donc plutôt des auditeurs un
peu âgés. Et ce qui était très étonnant, enfin moi
ce que j'ai trouvé vraiment très bien, c'était d'entendre des
auditeurs dire« j'ai commencé à écouter RTL avec ma grand-mère,
j'ai poursuivi avec mes parents et aujourd'hui je suis devenu infidèle».
Et il y avait une sorte de transmission en fait,
de quelque chose d'assez peu palpable, mais il y a
une transmission. Avec RTL, j'ai trouvé ça très joli en fait,
de se dire que voilà, il y a Il y
a des gens pour qui c'est presque une petite Madeleine
de Proust. RTL, c'est quelque chose qui fait appel à
des souvenirs d'enfance, des choses comme
Speaker 4: ça. 60 ans d'actualité RTL, on pourrait en parler puisque, évidemment,
vous avez couvert tous les grands événements. Les guerres, les
reportages à l'étranger, des événements sportifs. RTL qui s'est construit
avec une belle rédaction, des correspondants un peu partout en
France et à l'étranger. C'est quoi l'ADN de l'actualité, de
l'information vue par la rédaction RTL, justement
Speaker 5: Moi, quand je suis arrivé dans cette maison il y
a bientôt 30 ans, dans quelques mois, la ligne n'a
pas changé. D'abord, c'est d'être le plus juste. Ensuite, c'est
de raconter des histoires. Ça, c'était l'obsession des patrons à
l'époque et ça l'est toujours aujourd'hui. C'est d'aller sur le terrain, évidemment,
et d'être le plus honnête possible, sans parti pris, évidemment,
de rendre compte de ce qu'on voit et d'essayer de
toujours être dans la proximité, c'est-à-dire de... de jamais avoir
un œil parisien sur les choses. Il y a des
bureaux RTL qui sont installés partout en France. Et voilà,
on n'est pas une caste à part ou supérieure ou
tout ça. Il y a une vraie proximité avec les auditeurs.
Speaker 4: Et puis la volonté aussi, tout au long de la grille,
de garder la main à tout moment sur l'actualité avec
les instantanés à l'époque. Vous avez du divertissement, mais dès
qu'il se passe quelque chose, attention,
Speaker 5: on est là. Bien sûr, mais ça, c'est l'impulsion qui
a été donnée dès 1966 par Jean Farran, Farkas et
tous les patrons de l'époque. C'était de remettre l'information au
cœur du réacteur. Et ça n'a pas changé, ça n'a
pas varié. Autrefois, il y avait les instantanés. C'était à
l'époque où les téléphones portables n'existaient pas ou pas encore,
ou en tout cas pas dans la forme actuelle. C'était
en fait l'équivalent du push qui existe aujourd'hui dans tous
nos téléphones portables. Mais oui, l'information s'invite à n'importe quel
moment sur l'antenne, bien sûr.
Speaker 4: Et puis l'autre pilier important de la grille RTL, c'est
le divertissement avec l'émission phare Les Grosses Têtes lancée par
Philippe Bouvard. Au départ, lui, il voulait faire une émission
un peu culturelle
Speaker 5: Ce qu'il raconte, c'est que la première émission n'était visiblement
pas drôle du tout. En fait, il s'était inspiré d'une
émission qui existait autrefois sur une radio qui s'appelait Radio
Cité et qui s'appelait Les Incollables. qui était présenté par
un monsieur qui s'appelle Robert Bouvet, qui a d'ailleurs fait
partie du premier tour de table de l'émission« Des grosses
têtes» de Philippe Bouvard. Les premières émissions, effectivement, étaient visiblement
pas drôles. Et en fait, Philippe dit que l'audience a
vraiment décollé quand ils ont découvert les trois premières lettres
du mot« culture». Donc voilà, c'est parti comme ça. Mais
il avait... Philippe avait cette obsession, et Laurent c'est pareil
je pense aujourd'hui, il avait cette obsession que les gens
apprennent en s'amusant. Lui-même le disait, il n'avait pas passé,
il n'était pas bardé de diplômes, il a construit sa
culture tout seul. C'était ce qu'on peut appeler un besogneux,
c'était quelqu'un qui bossait beaucoup, qui lisait beaucoup, qui écoutait, etc.,
qui s'est nourri de tout ce dont il pouvait se nourrir.
Et c'était un peu ce qu'il essayait de faire aussi
dans les grosses têtes. C'est-à-dire, voilà, entre deux blagues d'Olivier
de Carceauzon ou de Jean-Yann, on apprenait des choses avec
Jean Dutour ou d'Ormeçon. Et les questions étaient parfois culturelles
et très pointues. Ça, ça a toujours été... C'est l'équilibre génial,
en fait, qu'il y a dans les grosses têtes. Et
c'est pareil aujourd'hui. Moi, quand j'écoute... Quand je pars en
reportage et que je me branche sur RTL et que j'écoute...
Laurent Ruquier, j'apprends des choses aussi. Entre deux blagues aussi,
entre deux grivoiseries, on apprend des choses. C'est ça qui
est formidable.
Speaker 4: C'est Philippe Bouvard qui n'a jamais adoubé la reprise du
flambeau des grosses têtes par Laurent Ruquier. Est-ce que tu
penses que ça aurait fait plaisir aux auditeurs et notamment
les plus fans de l'émission
Speaker 5: Pour en avoir un petit peu discuté avec Philippe Bouvard,
je pense qu'il faut voir deux choses. Il y a
la partie publique où, effectivement, Philippe a pu dire des
choses assez dures. Et ensuite, il y avait la partie privée.
Et dans la partie privée, comment dire ça? Philippe n'était
pas aussi dur envers Laurent. Il était plutôt fier que
Laurent Ruquier ait repris l'émission. Moi, la dernière fois où
j'ai vu Philippe, la première question qu'il m'a posée, c'est
comment vont les grosses têtes? Quelle est l'audience? Est-ce que
l'émission est toujours leader? Qui est encore là? Et sa conclusion,
c'était assez bien, c'est bien, etc. Il était content et
je pense que Il y avait de l'eau à couler
sous les ponts. C'est pas évident non plus. Il faut
se remettre dans le contexte de l'époque. La direction vous
dit on arrête et on va vous remplacer par votre
principal concurrent. Je peux comprendre. Et puis c'était son bébé
né en 77. On était quand même à 37 ans,
38 ans de maison. C'était pas évident pour lui. Donc voilà.
Mais je ne suis pas certain que Philippe ait gardé
une rancune tenace contre Laurent Ruquier, bien au contraire. Moi,
j'ai plutôt eu le sentiment, en tout cas, que c'était
plutôt l'inverse.
Speaker 4: Et tu penses que les auditeurs auraient aimé, justement, une
passation plus tranquille, peut-être même à l'antenne
Speaker 5: J'en sais rien. Après, Philippe, il est intervenu dans les
grosses têtes de Laurent Ruquier, il y a quelques années
de ça. Voilà, ça s'est très bien passé. Après... c'était
quelqu'un qui avait aussi son caractère, Philippe. Donc voilà. Mais moi,
je suis plutôt admiratif de la façon dont Laurent a
aussi traité tout ça. Dans tout ce que j'ai pu
entendre dans les interviews, etc. Laurent, il a fait sa
culture radio aussi avec Philippe Bouvard et surtout avec Philippe
Bouvard et les Grosses Têtes. Donc c'est vraiment pour le
coup un enfant des Grosses Têtes. Moi, j'ai trouvé ça...
Ça ne m'a pas du tout, personnellement, là, je ne
parle vraiment que pour moi, mais en tant qu'auditeur, ça
ne m'a pas du tout choqué quand on a annoncé
que Laurent Ruquier reprenait les Grosses Têtes. Au contraire, moi,
j'ai trouvé ça super. C'est génial. Et ce qu'il en
a fait, Laurent Ruquier, je trouve qu'on retrouve, dans les
émissions de Laurent Ruquier, on retrouve le meilleur, en fait,
de la meilleure période de Philippe Bouvard aux Grosses Têtes,
je trouve. On aime bien le côté
Speaker 4: coulisses. Pour les Grosses Têtes, émission généralement enregistrée, avec notamment
Philippe Bouvard, est-ce que ça a toujours été le cas
ou on a eu des émissions en direct
Speaker 5: Non, ça a toujours été enregistré, Les Grosses Têtes, pour
plusieurs raisons. On en avait discuté avec Éric Laverdun, qui
a malheureusement disparu il y a quelques années, qui était
le dernier réalisateur de Philippe Bouvard et qui a beaucoup
travaillé sur Les Grosses Têtes pendant de nombreuses années. Ils
enregistraient parce que Il fallait redynamiser l'émission. En fait, Philippe
Bouvard pouvait faire des enregistrements qui duraient bien plus que
le temps d'antenne. Il pouvait enregistrer, j'exagère un peu, mais
il enregistrait 4 heures de grosses têtes pour en retirer
3 heures. Le montage permettait de dynamiser l'émission, peut-être parfois
aussi d'enlever des choses qui n'étaient pas diffusables à l'antenne.
Ça a toujours été enregistré. Laurent Ruquier, quand je vois
les enregistrements qu'il fait en studio... Il est quasiment proche
du direct. Il y a assez peu de montage sur
son émission. Il est dans les conditions du direct.
Speaker 4: D'accord, c'est intéressant. Je voulais revenir aussi sur un fait
marquant et qui montre un petit peu la complexité de
gérer une grille d'antenne. En 2000, Philippe Bouvard est remercié,
remplacé par Christophe Dechavanne. C'est une catastrophe d'audience. On fait
revenir à nouveau... Philippe Bouvard pour Les Grosses Têtes. En revanche,
les auditeurs qui sont partis ne reviendront pas tous. C'est
une bonne ou une mauvaise
Speaker 5: interprétation? Jacques Rigaud, l'ancien président d'RTL, avait une phrase qui
répond totalement à la question. Un auditeur déçu est un
auditeur perdu. C'est très long de faire revenir des auditeurs.
Quand Philippe s'en va, Christophe Dechavanne perd 800 000 auditeurs
par rapport à la même période de 1999. On est
en 2000. Et c'est très, très long, en fait. La radio,
c'est un média d'habitude. Moi, je me souviens, bien des
années plus tard, après le retour de Philippe Bouvard, d'un
chauffeur de taxi, un matin, en partant à la radio.
Et il me dit, j'écoute plus RTL depuis que vous
avez viré Philippe Bouvard. Et je lui dis, mais vous savez,
ça fait deux ans qu'il est revenu. Et il me
dit oui, mais non. C'est la preuve que c'est compliqué
de faire revenir les auditeurs. Après, quand on regarde les
scores que fait Laurent, les auditeurs, en tout cas sur
les grosses têtes, sont revenus. L'émission est leader. Alors, bien sûr,
on pourrait parler de plein
Speaker 4: d'autres émissions, de plein d'autres voix. Fabrice, Jean-Pierre Foucault, tous
ces divertissements qui ont marqué aussi les différentes grilles RTL.
Est-ce qu'il y a un style, justement, de ces divertissements où,
un peu comme les grosses têtes, on aime bien se marrer,
mais on aime bien apprendre un petit truc au passage?
Speaker 5: Ce qui est assez singulier avec RTL, c'est que c'est
une radio qui n'est vraiment pas comme les autres. C'est-à-dire
que quand on regarde les grilles de programmes de l'époque,
en fait, il y en a pour toutes les tranches
de la population. Il y a de la musique classique
avec Alain Duhaut. Il y a les Grosses Têtes avec
Philippe Beauvard. Il y a des choses plus pointues dans
RTL Cinéma. Il y a de la philo à l'antenne.
C'est vraiment une radio atypique. Il y a eu une
époque où, quand France Info est née, c'était tout info.
À un moment, Europe 1 s'est transformé en radio totalement sport, etc.
Et RTL gardait ce... cette vision à 360 degrés de
ces auditeurs. Il en fallait pour tout le monde, il
en fallait pour toutes les catégories de la population, que
ce soit ce qu'on appelle les CSP +, comme tous
les autres auditeurs. C'est assez marrant de voir, parce que
c'est vraiment un modèle qui est presque unique au monde. Moi,
je me souviens de gens qui sont venus visiter, c'était
des Américains qui étaient venus visiter RTL, Et ils étaient très,
très étonnés de voir cette radio-là, qui n'était pas une
radio spécialisée, qui pouvait aussi bien avoir des blagues grivoises
dans les grosses têtes et tout d'un coup parler Shostakovich
pendant une heure avec Alain Duhaut. C'est assez étonnant, en fait,
quand on regarde ça.
Speaker 4: Et c'est quelque part une confiance de l'auditeur envers la radio.
C'est-à-dire qu'il comprend que c'est peut-être pointu sur certains sujets.
Même s'il n'adhère pas forcément, il va quand même rester.
Il va se retrouver un peu plus tard dans la
grille avec un divertissement qui lui correspond et vice-versa. Oui
Speaker 5: mais on ne prend jamais l'auditeur pour un idiot. Et
il faut réussir. Mais ça, c'est tout le talent des animateurs.
et puis des présentateurs, c'est de réussir à intéresser tout
le monde. C'est ça aussi ce qui fait la force,
que ce soit à RTL ou ailleurs, c'est ce qui
fait la force de la radio, ou en tout cas
du média qu'on écoute à ce moment-là, c'est qu'on a l'impression,
en tout cas on apprend quelque chose, et en même temps,
l'idée c'est pas non plus de prendre l'auditeur pour un idiot.
Speaker 4: Et puis, on peut parler aussi, Laurent, de musique et
surtout des artistes, des chanteurs, des musiciens qui sont restés
toujours fidèles à cette radio. Et on prend toujours l'exemple
de Johnny Hallyday, qui, lui, n'a jamais cessé de garder...
et de tisser un lien avec la radio.
Speaker 5: Oui, ça, on doit ça à l'ancienne patronne de la
programmation au divertissement qui est Monique Lemarcy, qui a su
construire une relation très particulière avec tous ces artistes-là. Elle
ne les a pas seulement accompagnés, elle les a parfois
pris par la main elle en a découvert un paquet
quand même et il y avait et il y a
toujours cette fidélité envers les artistes RTL en fait si
on prend l'exemple de Johnny la relation qu'il a nouée
avec RTL était bien plus qu'une relation professionnelle il y
avait une vraie relation amicale il y avait une vraie
confiance aussi Et puis quand RTL aimait et quand RTL aime,
les artistes sont soutenus, régulièrement interviewés. Moi, Monique Lemarcy m'a
quand même raconté des choses incroyables où elle traversait la
France pour aller voir dans une petite salle... tel artiste
dont elle faisait la promotion à l'antenne. Elle était là
pour le soutenir. Et l'artiste voyait que Monique Lemarcy était là,
que RTL était là. Et voilà, ça crée une relation
particulière et singulière. En témoigne d'ailleurs, à l'occasion des 60 ans,
le formidable coup de fil passé par Jean-Jacques Goldman, qui
a d'ailleurs rendu hommage à Monique en expliquant que... On
lui avait plusieurs fois dit non à ses débuts et
que RTL et Monique Lemarcy avaient dit oui à Jean-Jacques Goldman.
Et ils l'ont et elle l'a accompagné. La radio l'a
accompagné à ses débuts. Et ça crée une relation qui
ne s'oublie pas. Voilà.
Speaker 4: RTL s'est écouté un peu partout en France et ça cartonne,
mais moi j'ai déjà entendu des patrons de radio local
dire RTL, dans l'Est, ils sont chez eux. Est-ce que
RTL est plus écouté dans le Nord, dans l'Est, via
son histoire peut-être, ou c'est une fausse
Speaker 5: idée? Non, non, c'est vrai. Déjà d'un point de vue historique,
l'émetteur grande zone de RTL, en gros, il couvre jusqu'à
la moitié de la France. On prend la France, on
tire un trait en dessous de Tours et la zone d'RTL,
elle est au-dessus. Donc oui, non, bien sûr, c'est resté.
Ça reste des territoires où effectivement on écoute beaucoup RTL. Voilà,
on est un peu... Quand on regarde, je n'ai pas
les sondages dans le détail, mais je sais que dans
les zones sud-est, c'est un peu moins le cas
Je voulais qu'on parle
Speaker 4: aussi de quelque chose qui est assez fascinant, c'est justement
la proximité qu'a RTL avec ses auditeurs. Je crois que
dans les années 80, on a même créé un club
avec les auditeurs de RTL et puis beaucoup de correspondances
par écrit à l'époque. Le standard toujours ouvert, c'est un
rapport qui a été tissé avec le temps. C'est un
état d'esprit au sein de la
Speaker 5: radio? Oui, mais ça remonte même à avant parce qu'il
y avait une association à l'époque de Radio Luxembourg qui
s'appelait les ARL, qui étaient les Amis de Radio Luxembourg.
C'était des clubs gérés, il y en avait partout en France,
c'était des clubs gérés par des auditeurs. Et en fait,
RTL utilisait ces clubs d'auditeurs pour remplir les salles où
ils se produisaient, ou les chapiteaux sous lesquels ils se produisaient,
parce qu'il y avait beaucoup d'émissions qui se déroulaient sous chapiteaux.
Et en fait, ces auditeurs avaient vraiment... Alors, ils avaient
la main sur le public, et en contrepartie, ils organisaient
des voyages entre auditeurs, il y avait des dotations, ils
avaient accès à Parfois, RTL leur donnait des disques à
offrir aux adhérents du club et ça a duré ensuite
avec le club RTL. et oui il y a cette
relation on reçoit encore, c'est rigolo parce qu'on reçoit encore
des lettres d'auditeurs qui parfois sont contents, moi j'en ai
reçu des lettres d'auditeurs qui sont contents de telle ou
telle chronique ou qui demandent une précision parce qu'ils ont
oublié de noter le titre de tel livre etc et
donc oui il y a toujours cette relation avec les auditeurs,
c'est chouette moi je trouve ça chouette au contraire
Speaker 4: Et on en a parlé un petit peu au début,
mais c'est vrai qu'on connaît tous autour de nous quelqu'un
qui écoute RTL toute la journée, en tout cas qui
écoute une seule radio. C'est RTL. Ça,
Speaker 5: c'est vraiment assez magique. Oui, c'est une radio qui a
une durée d'écoute assez dingue. Et effectivement, c'est une radio
qui peut accompagner et qui accompagne les gens pendant toute
la journée
Speaker 4: Justement, je voulais parler des auditeurs en la parole. qui
est une émission phare aussi de la grille. Comment ça
s'est passé, le lancement de cette émission? On était dans
quel contexte précisément
Speaker 5: Alors, elle a fêté cette émission, c'est 45 ans cette année,
parce qu'elle est née le 7 septembre 1981. avec Alain
Cross et Anne-Marie Pesson, qui ont formé un duo à l'antenne,
tous les deux, et ils accueillaient les auditeurs. Les premiers
sujets étaient moins des sujets d'actualité que des sujets un
peu plus légers à l'époque. En tout cas, moi j'ai
écouté dans les archives de 80, parce que pour le coup,
j'avais 11 ans à l'époque, puis j'habitais dans le sud,
donc je ne captais pas RTL. Mais de ce que
j'ai pu entendre de ces années-là, on n'est plus sur«
Madonna est en concert à Paris, qu'est-ce que vous en pensez?».
Et ensuite, il y a eu un glissement sur l'actualité
où là, les auditeurs ont commencé à … à réagir
et c'était une façon aussi de pouvoir prendre le pouls
des auditeurs. Si on tire le fil, c'est aussi ce
qu'a fait Philippe Labreau dans une émission qui s'appelait« Je
veux parler au directeur». Pour l'anecdote, cette émission est née
parce que Philippe prenait le temps de répondre à chaque
auditeur qui envoyait du courrier. Et c'était des sacs entiers
qui arrivaient à la radio, et Philippe répondait à chaque
auditeur qui demandait une précision, qui râlait, parce que la
plupart du temps, un auditeur qui appelle, en général, c'est
plutôt quelqu'un qui appelle parce qu'il n'est pas content. Proportionnellement,
c'est comme ça. Et l'émission de Philippe, par exemple, elle
est née de ça, en fait. Elle est née de
ce courrier d'auditeur qui arrivait... En masse à RTL et
on lui a suggéré, c'est Olivier Mazerolle qui lui avait
suggéré à l'époque de prendre la parole tout simplement et
de recevoir les auditeurs à l'antenne et de leur répondre
en direct. Voilà. C'est une autre façon de prendre le
pouls de la société. Tiens Laurent,
Speaker 4: pour finir, je sais que tu es passionné par les
archives de RTL. On se demandait comment ça se matérialise
justement dans les locaux de la radio. Est-ce qu'il y
a un service dédié aux archives ou est-ce qu'il y
a un lieu où on stocke encore des bandes? Comment
ça se passe à RTL pour les archives
Speaker 5: Oui, il y a un service d'archives à M6 qui
s'appelle M6 Mediabank qui gère à la fois les archives
télé de M6 et les archives radio de RTL. Et oui,
les bandes sont évidemment conservées. Dans les caves, il y
a plusieurs caves où on conserve toutes ces bandes précieusement.
Et on conserve aussi les disques. Ce sont des disques pyrale,
puisque avant les bandes, en fait, on gravait des disques.
Et tout ça a été conservé, en tout cas la
majorité a été conservée. Les disques pour l'anecdote, quand on
enregistrait une émission à Paris du temps de Radio-Luxembourg, il
y avait une voiture qui partait ensuite jusqu'au Luxembourg avec
tous les disques à diffuser. Et tout était diffusé depuis
le Luxembourg. Donc il y a heureusement quelques disques qui
ont été conservés. Et après, il y a une autre
partie des archives qui est aussi conservée pour le coup
au Luxembourg. et qui est conservé par l'équivalent de l'INA
chez nous en France, qui s'appelle le CNA, c'est le
Centre National de l'Audiovisuel. Et eux aussi ont des archives,
des très vieilles archives. Voilà.
Speaker 4: Merci, Laurent. C'était vraiment sympa de t'avoir pour les 60
ans d'RTL. Je pense qu'on aurait pu rester des heures
et tu aurais pu nous donner encore mille anecdotes. Voilà,
c'est un bon début. En tout cas, en tant que
passionné de radio, évidemment, t'es le bienvenu ici dans des
ans de vocast pour d'autres actualités. Si tu fais une
expo ou autre, on se fera un plaisir, évidemment, d'en parler.
Merci à toi, en tout cas, Laurent Marcic, journaliste média
à RTL. À bientôt. À bientôt.
Speaker 2: Des
Speaker 3: ondes vocastes.
Speaker 2: L'univers de la radio
En
Speaker 3: podcast.
Speaker 4: Et voilà pour des ondes vocastes de ce mois d'octobre.
La suite de la saison s'annonce passionnante avec les audiences
qui arrivent, les différentes décisions de l'ARCOM qui pourraient faire
bouger le secteur. Tout ça, on va le suivre de
très près. Vos réactions sur les réseaux sociaux, vous le savez,
c'est très précieux. Vos messages en MP, SMS pour vos infos,
vous êtes les bienvenus. On se retrouve le mois prochain.
Des ondes vocastes.



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