Interview Laurent Marsick - Journaliste RTL
Au micro de Rémy Bertholon, Laurent Marsick revient sur la grande fête qui a réuni sur plusieurs jours les équipes anciennes et actuelles de RTL, ainsi que des auditeurs de toutes les générations. Laurent rappelle aussi l'ADN de RTL, tant sur l'info que sur le divertissement, qui n'a pas changé depuis des décennies. Il revient sur l'origine des Grosses Têtes et la recette d'une grille qui a toujours privilégié une grande diversité de contenus et qui s'adresse à toutes les générations et classes de la population. Laurent Marsick revient aussi sur le rapport privilégié qu'a su tisser RTL avec la musique et les artistes, notamment sous la houlette de Monique le Marcis pendant de nombreuses années.
Animation / réalisation : Rémy Bertholon
Intervenants : Laurent Marsick
Crédits musicaux : Rob - It's a blast (BO du film 'Radiostars'), jingles produits par Pure Jingles [https://purejingles.com/]
Voix off : Estelle Hubert [https://estellehubert.com]
Contact
Par mail : [email protected] [https://www.vocast.fr/contact.html]
X : @DesOndesVocast [https://x.com/DesOndesVocast]
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Speaker 2: Les 60 ans d'RTL, on ne pouvait pas passer à côté.
Et pour cela, on a décidé d'inviter un des spécialistes
de la question. On a le plaisir d'être avec Laurent Marcic. Bonjour.
Bonjour Rémi. Merci d'être là Laurent, journaliste média et mémoire
de RTL. Évidemment, on va parler de cette fête organisée
pour les 60 ans. On a beaucoup de choses à
voir avec toi. On va parler de l'info RTL, des
grands divertissements et de cette proximité qui s'est forgée avec
le temps entre les auditeurs et la radio. On va
commencer peut-être par cet anniversaire. On a entendu des grandes
voix historiques, des émissions aussi spéciales, sans pour autant dénaturer
la grille actuelle. Alors, comment ça s'est passé cet anniversaire
côté coulisses? Est-ce qu'il y a eu de belles retrouvailles
Speaker 3: Oui, ce qui est chouette, c'est que Jonathan Curiel, notre
patron de RTL, et toutes les équipes de la direction
ont eu, je trouve, l'idée géniale de ne pas seulement
inviter les anciennes stars de la maison, mais d'inviter tout
le monde. Et ce qui fait que c'était un peu
comme une grande réunion de famille où on a retrouvé
à la fois des techniciens, des réalisateurs, des journalistes, des assistantes, Voilà,
parce que c'est toute une chaîne, la radio, et sans
les techniciens, on n'est rien, sans les assistantes, on n'est rien.
Et c'était très, très chouette de voir revenir tout ce monde-là,
en fait, à RTL, comme si on ne s'était jamais
perdu de vue, en fait, alors que tout le monde
a eu des parcours. Il y en a qui sont
à la retraite, etc. Et c'était assez rigolo de revoir
tout le monde. On s'est un peu tous tombés dans
les bras. Voilà, c'était un joli moment, en tout cas.
Speaker 2: Et le point commun, c'est la passion de la radio
et de cette radio-là, RTL. Est-ce qu'il y avait des
échanges avec les gens de l'ombre? Je pense aux anciens réalisateurs,
par exemple, avec les personnalités de l'antenne d'aujourd'hui
Speaker 3: C'était un chouette moment. On a un peu refait le monde,
on a un peu refait la radio, évidemment. Ils sont
tous très attentifs à ce que RTL est devenu. Ils
sont souvent très critiques parfois, mais aussi, ils notent quand
il y a des choses chouettes qui sont faites. Il
y a un lien qui est resté pour tout le
monde avec RTL. C'est assez difficile à expliquer. Moi, je
suis en lien avec eux sur les réseaux sociaux, avec
tous les anciens, je parle. Ils n'hésitent pas à interpeller.
Ils continuent à écouter. Ils continuent de temps en temps à...
à faire des critiques, parfois c'est constructif, parfois c'est épidermique,
mais ça fait du bien aussi de savoir qu'ils sont
là et qu'ils veillent sur nous.
Speaker 2: On en reparlera du lien qui a été tissé au
fil des années entre RTL et ses auditeurs, mais en
tout cas, pour cette journée anniversaire, on les a entendus
à l'antenne, les auditeurs d'RTL, et ils ont été reçus
aussi dans les locaux.
Speaker 3: C'était assez étonnant de voir. Il y avait un petit
peu de tout. Il y avait des gens qui écoutaient
RTL depuis l'époque Radio Luxembourg, donc plutôt des auditeurs un
peu âgés. Et ce qui était très étonnant, enfin moi
ce que j'ai trouvé vraiment très bien, c'était d'entendre des
auditeurs dire« j'ai commencé à écouter RTL avec ma grand-mère,
j'ai poursuivi avec mes parents et aujourd'hui je suis devenu infidèle».
Et il y avait une sorte de transmission en fait,
de quelque chose d'assez peu palpable, mais il y a
une transmission. Avec RTL, j'ai trouvé ça très joli en fait,
de se dire que voilà, il y a Il y
a des gens pour qui c'est presque une petite Madeleine
de Proust. RTL, c'est quelque chose qui fait appel à
des souvenirs d'enfance, des choses comme ça
Speaker 2: 60 ans d'actualité RTL, on pourrait en parler puisque, évidemment,
vous avez couvert tous les grands événements. Les guerres, les
reportages à l'étranger, des événements sportifs. RTL qui s'est construit
avec une belle rédaction, des correspondants un peu partout en
France et à l'étranger. C'est quoi l'ADN de l'actualité de
l'information vue par la rédaction RTL, justement
Speaker 3: Moi, quand je suis arrivé dans cette maison il y
a bientôt 30 ans, dans quelques mois, la ligne n'a
pas changé. D'abord, c'est d'être le plus juste. Ensuite, c'est
de raconter des histoires. Ça, c'était l'obsession des patrons à
l'époque et ça l'est toujours aujourd'hui. C'est d'aller sur le terrain, évidemment,
et d'être le plus honnête possible, sans parti pris, évidemment,
de rendre compte, en fait, de ce qu'on voit et
d'essayer de toujours être dans la proximité, en fait, c'est-à-dire de...
de jamais avoir un œil parisien sur les choses. Il
y a des bureaux RTL qui sont installés partout en France.
Et voilà, on n'est pas une caste à part ou
supérieure ou tout ça. Il y a une vraie proximité
avec les auditeurs.
Speaker 2: Et puis la volonté aussi, tout au long de la grille,
de garder la main à tout moment sur l'actualité avec
les instantanés à l'époque. Vous avez du divertissement, mais dès
qu'il se passe quelque chose, attention,
Speaker 3: on est là. Bien sûr, mais ça, c'est l'impulsion qui
a été donnée dès 1966 par Jean Farran, Farkas et
tous les patrons de l'époque. C'était de remettre l'information au
cœur du réacteur. Et ça n'a pas changé, ça n'a
pas varié. Autrefois, il y avait les instantanés. C'était à
l'époque où les téléphones portables n'existaient pas ou pas encore,
ou en tout cas pas dans la forme actuelle. C'était
en fait l'équivalent du push qui existe aujourd'hui dans tous
nos téléphones portables. Mais oui, l'information s'invite à n'importe quel
moment sur l'antenne, bien sûr.
Speaker 2: Et puis l'autre pilier important de la grille RTL, c'est
le divertissement avec l'émission phare Les Grosses Têtes lancée par
Philippe Bouvard. Au départ, lui, il voulait faire une émission
un peu culturelle
Speaker 3: Ce qu'il raconte, c'est que la première émission n'était visiblement
pas drôle du tout. En fait, il s'était inspiré d'une
émission qui existait autrefois sur une radio qui s'appelait Radio
Cité et qui s'appelait Les Incollables. qui était présenté par
un monsieur qui s'appelle Robert Beauvais, qui a d'ailleurs fait
partie du premier tour de table de l'émission« Des grosses
têtes» de Philippe Bouvard. Les premières émissions, effectivement, étaient visiblement
pas drôles. Et en fait, Philippe dit que l'audience a
vraiment décollé quand ils ont découvert les trois premières lettres
du mot« culture». Donc voilà, c'est parti comme ça. Mais
Philippe avait cette obsession, et Laurent c'est pareil je pense aujourd'hui,
Il avait cette obsession que les gens apprennent en s'amusant.
Lui-même le disait, il n'avait pas passé, il n'était pas
bardé de diplômes, il a construit sa culture tout seul.
C'était ce qu'on peut appeler un besogneux, c'était quelqu'un qui
bossait beaucoup, qui lisait beaucoup, qui écoutait, etc., qui s'est
nourri de tout ce dont il pouvait se nourrir. Et
c'était un peu ce qu'il essayait de faire aussi dans
les grosses têtes. C'est-à-dire, voilà, entre deux blagues d'Olivier de
Carceauzon ou de Jean-Yann, on apprenait des choses avec Jean
Dutour ou d'Ormeçon. Et les questions étaient parfois culturelles et
très pointues. Ça, ça a toujours été... C'est l'équilibre génial,
en fait, qu'il y a dans les grosses têtes. Et
c'est pareil aujourd'hui. Moi, quand j'écoute... Quand je pars en
reportage et que je me branche sur RTL et que j'écoute...
Laurent Ruquier, j'apprends des choses aussi. Entre deux blagues aussi,
entre deux grivoiseries, on apprend des choses. C'est ça qui
est formidable.
Speaker 2: C'est Philippe Bouvard qui n'a jamais adoubé la reprise du
flambeau des grosses têtes par Laurent Ruquier. Est-ce que tu
penses que ça aurait fait plaisir aux auditeurs et notamment
les plus fans de l'émission
Speaker 3: Pour en avoir un petit peu discuté avec Philippe Bouvard,
je pense qu'il faut voir deux choses. Il y a
la partie publique où, effectivement, Philippe a pu dire des
choses assez dures. Et ensuite, il y avait la partie
privée Et dans la partie privée, comment dire ça? Philippe
n'était pas aussi dur envers Laurent. Il était plutôt fier
que Laurent Ruquier ait repris l'émission. Moi, la dernière fois
où j'ai vu Philippe, la première question qu'il m'a posée,
c'est comment vont les grosses têtes? Quelle est l'audience? Est-ce
que l'émission est toujours leader? Qui est encore là? Et
sa conclusion, c'était assez bien, c'est bien, etc. Il était
content et je pense que Il y avait de l'eau
à couler sous les ponts. Ce n'est pas évident non plus.
Il faut se remettre dans le contexte de l'époque. La
direction vous dit« on arrête et on va vous remplacer
par votre principal concurrent». Je peux comprendre. Et puis c'était
son bébé né en 1977. On était quand même à
37 ans, 38 ans de maison. Ce n'était pas évident
pour lui. Donc voilà. Mais je ne suis pas certain
que Philippe ait gardé une rancune tenace contre Laurent Ruquier,
bien au contraire. Moi, j'ai plutôt eu le sentiment, en
tout cas, que c'était plutôt l'inverse.
Speaker 2: Et tu penses que les auditeurs auraient aimé justement une
passation plus tranquille, peut-être même à l'antenne
Speaker 3: J'en sais rien. Après, Philippe, il est intervenu dans les
grosses têtes de Laurent Ruquier, il y a quelques années
de ça. Voilà, ça c'est... ça s'est très bien passé.
C'était quelqu'un qui avait aussi son caractère, Philippe. Donc voilà.
Mais moi, je suis plutôt admiratif de la façon dont
Laurent a aussi traité tout ça. Dans tout ce que
j'ai pu entendre dans les interviews, etc. Laurent, il a
fait sa culture radio aussi avec Philippe Bouvard et surtout
avec Philippe Bouvard et les Grosses Têtes. Donc c'est vraiment
pour le coup un enfant des Grosses Têtes. Moi, j'ai
trouvé ça... Ça ne m'a pas du tout, personnellement, là,
je ne parle vraiment que pour moi, mais en tant qu'auditeur,
ça ne m'a pas du tout choqué quand on a
annoncé que Laurent Ruquier reprenait les Grosses Têtes. Au contraire, moi,
j'ai trouvé ça super. C'est génial. Et ce qu'il en
a fait, Laurent Ruquier, je trouve qu'on retrouve, dans les
émissions de Laurent Ruquier, on retrouve le meilleur, en fait,
de la meilleure période de Philippe Bouvard aux Grosses Têtes,
je trouve.
Speaker 2: On aime bien le côté coulisses. Pour les Grosses Têtes,
émission généralement enregistrée, avec notamment Philippe Bouvard, est-ce que ça
a toujours été le cas ou on a eu des
émissions en direct
Speaker 3: Non, ça a toujours été enregistré, Les Grosses Têtes, pour
plusieurs raisons. On en avait discuté avec Éric Laverdun, qui
malheureusement a disparu il y a quelques années, qui était
le dernier réalisateur de Philippe Bouvard et qui a beaucoup
travaillé sur Les Grosses Têtes pendant de nombreuses années. Ils
enregistraient parce que Il fallait redynamiser l'émission. En fait, Philippe
Bouvard pouvait faire des enregistrements qui duraient bien plus que
le temps d'antenne. Il pouvait enregistrer, j'exagère un peu, mais
il enregistrait 4 heures de grosses têtes pour en retirer
3 heures. Et donc le montage permettait de dynamiser l'émission,
peut-être parfois aussi d'enlever des choses qui n'étaient pas diffusables
à l'antenne. Et donc voilà, ça a toujours été enregistré, oui.
Laurent Ruquier, quand je vois les enregistrements qu'il fait en studio,
il est quasiment proche du direct. Il est vraiment dans ses...
Il y a assez peu de montage sur son émission.
Il est dans les conditions du direct.
Speaker 2: D'accord, c'est intéressant. Je voulais revenir aussi sur un fait
marquant et qui montre un petit peu la complexité de
gérer une grille d'antenne. En 2000, Philippe Bouvard est remercié,
remplacé par Christophe Dechavanne. C'est une catastrophe d'audience. On fait
revenir à nouveau Philippe Bouvard pour les grosses têtes. En revanche,
les auditeurs qui sont partis ne reviendront pas tous. C'est
une bonne ou une mauvaise
Speaker 3: interprétation? Jacques Rigaud, l'ancien président d'RTL, avait une phrase qui
répond totalement à la question. Un auditeur déçu est un
auditeur perdu. C'est très long de faire revenir des auditeurs.
Quand Philippe s'en va... Christophe de Chavannes perd 800 000
auditeurs par rapport à la même période de 1999. On
est en 2000. Et c'est très très long en fait.
La radio c'est un média d'habitude. Moi je me souviens
bien des années plus tard, après le retour de Philippe Bouvard,
d'un chauffeur de taxi un matin en partant à la radio.
Et il me dit j'écoute plus RTL depuis que vous
avez viré Philippe Bouvard. Et je lui dis mais vous
savez ça fait deux ans qu'il est revenu. Et il
me dit oui mais non. Voilà, c'est la preuve que
c'est compliqué de faire revenir les auditeurs. Après, quand on
regarde les scores que fait Laurent, les auditeurs, en tout
cas sur les grosses têtes, sont revenus. L'émission est leader. Alors,
bien sûr,
Speaker 2: on pourrait parler de plein d'autres émissions, de plein d'autres voix. Fabrice,
Jean-Pierre Foucault, tous ces divertissements qui ont marqué aussi les
différentes grilles RTL. Est-ce qu'il y a un style, justement,
de ces divertissements où, un peu comme les Grosses Têtes,
on aime bien se marrer, mais on aime bien apprendre
un petit truc au passage? Ce
Speaker 3: qui est assez singulier avec RTL, c'est que c'est une
radio qui n'est vraiment pas comme les autres. C'est-à-dire que
quand on regarde les grilles de programmes de l'époque, en fait,
il y en a pour toutes les tranches de la population.
Il y a de la musique classique avec Alain Duhaut.
Il y a les Grosses Têtes avec Philippe Beauvard. Il
y a des choses plus pointues dans RTL Cinéma. Il
y a de la philo à l'antenne. C'est vraiment une
radio atypique. Il y a eu une époque où, quand
France Info est née, c'était tout info. À un moment,
Europe 1 s'est transformé en radio totalement sport, etc. Et
RTL gardait ce... cette vision à 360 degrés de ces auditeurs.
Il en fallait pour tout le monde, il en fallait
pour toutes les catégories de la population, que ce soit
ce qu'on appelle les CSP +, comme tous les autres auditeurs.
C'est assez marrant de voir, parce que c'est vraiment un
modèle qui est presque unique au monde. Moi, je me
souviens de gens qui sont venus visiter, c'était des Américains
qui étaient venus visiter RTL, Et ils étaient très, très
étonnés de voir cette radio-là, qui n'était pas une radio spécialisée,
qui pouvait aussi bien avoir des blagues grivoises dans les
grosses têtes et tout d'un coup parler Shostakovich pendant une
heure avec Alain Duhaut. C'est assez étonnant, en fait, quand
on regarde ça.
Speaker 2: Et c'est quelque part une confiance de l'auditeur envers la radio.
C'est-à-dire qu'il comprend que c'est peut-être pointu sur certains sujets.
Même s'il n'adhère pas forcément, il va quand même rester.
Il va se retrouver un peu plus tard dans la
grille avec un divertissement qui lui correspond et vice-versa.
Speaker 3: Oui. On ne prend jamais l'auditeur pour un idiot. Il
faut réussir. Mais ça, c'est tout le talent des animateurs.
Et puis... et puis des présentateurs, c'est de réussir à
intéresser tout le monde. C'est ça aussi ce qui fait
la force, que ce soit à RTL ou ailleurs, c'est
ce qui fait la force de la radio, ou en
tout cas du média qu'on écoute à ce moment-là, c'est
qu'on a l'impression, en tout cas on apprend quelque chose,
et en même temps, l'idée c'est pas non plus de
prendre l'auditeur pour un idiot.
Speaker 2: Et puis, on peut parler aussi, Laurent, de musique et
surtout des artistes, des chanteurs, des musiciens qui sont restés
toujours fidèles à cette radio. Et on prend toujours l'exemple
de Johnny Hallyday, qui, lui, n'a jamais cessé de garder
et de tisser un lien avec la radio.
Speaker 3: Oui, on doit ça à l'ancienne patronne de la programmation
au divertissement qui est Monique Lemarcy, qui a su construire
une relation très particulière avec tous ces artistes-là. Elle ne
les a pas seulement accompagnés. Elle les a parfois pris
par la main. Elle en a découvert un paquet quand même.
Et il y avait et il y a toujours cette
fidélité envers les artistes RTL. Si on prend l'exemple de Johnny,
la relation qu'il a nouée avec RTL était bien plus
qu'une relation professionnelle. Il y avait une vraie relation amicale.
Il y avait une vraie confiance aussi. Et puis quand
RTL aimait et quand RTL aime, les artistes sont soutenus,
régulièrement interviewés. Moi, Monique Lemarcy m'a quand même raconté des
choses incroyables où elle traversait la France pour aller voir
dans une petite salle... tel artiste dont elle faisait la
promotion à l'antenne, elle était là pour le soutenir. Et
l'artiste voyait que Monique Lemarcy était là, que RTL était là.
Et voilà, ça crée une relation particulière et singulière. En
témoigne d'ailleurs, à l'occasion des 60 ans, le formidable coup
de fil passé par Jean-Jacques Goldman, qui a d'ailleurs rendu
hommage à Monique en expliquant que... on lui avait plusieurs
fois dit non à ses débuts, et que RTL et
Monique Lemarcy avaient dit oui à Jean-Jacques Goldman, et ils l'ont,
et elle l'a accompagné, la radio l'a accompagné à ses débuts,
et ça crée une relation qui ne s'oublie pas, voilà.
Speaker 2: RTL s'est écouté un peu partout en France et ça cartonne.
Mais moi, j'ai déjà entendu des patrons de radio locales
dire RTL, dans l'Est, ils sont chez eux. Est-ce que
RTL est plus écouté dans le Nord, dans l'Est, via
son histoire peut-être? Ou c'est une fausse idée?
Speaker 3: Non, non, c'est vrai. Déjà d'un point de vue historique,
l'émetteur grande zone de RTL, en gros, il couvre jusqu'à
la moitié de la France. On prend la France, on
tire un trait en dessous de Tours et la zone d'RTL,
elle est au-dessus. Donc oui, oui, non, bien sûr, c'est resté.
Ça reste des territoires où effectivement on écoute beaucoup RTL. Voilà,
on est un peu... Quand on regarde, je n'ai pas
les sondages dans le détail, mais je sais que dans
les zones sud-est, c'est un peu moins le cas
Speaker 2: Je voulais qu'on parle aussi de quelque chose qui est
assez fascinant, c'est justement la proximité qu'a RTL avec ses auditeurs.
Je crois que dans les années 80, on a même...
créé un club avec les auditeurs de RTL. Et puis,
beaucoup de correspondances par écrit à l'époque, le standard toujours ouvert.
C'est un rapport qui a été tissé avec le temps.
C'est un état d'esprit au sein de la radio
Speaker 3: Oui, mais ça remonte même à avant parce qu'il y
avait une association à l'époque de Radio Luxembourg qui s'appelait
les ARL, qui étaient les Amis de Radio Luxembourg. C'était
des clubs gérés, il y en avait partout en France,
c'était des clubs gérés par des auditeurs. Et en fait,
RTL utilisait ces clubs d'auditeurs pour remplir les salles où
ils se produisaient, ou les chapiteaux sous lesquels ils se produisaient,
parce qu'il y avait beaucoup d'émissions qui se déroulaient sous chapiteaux.
Et en fait, ces auditeurs avaient vraiment... Alors, ils avaient
la main sur le public, et en contrepartie, ils organisaient
des voyages entre auditeurs, il y avait des dotations, ils
avaient accès à parfois RTL leur donnait des disques, etc.
à offrir aux adhérents du club. Et ça a duré ensuite,
ça a continué avec le club RTL, et oui il
y a cette relation on reçoit encore, c'est rigolo parce
qu'on reçoit encore des lettres d'auditeurs qui parfois sont contents,
moi j'en ai reçu des lettres d'auditeurs qui sont contents
de telle ou telle chronique ou qui demandent une précision
parce qu'ils ont oublié de noter le titre de tel
livre etc et donc oui il y a toujours cette
relation avec les auditeurs, c'est chouette moi je trouve ça
chouette au contraire
Speaker 2: Tu en as parlé un petit peu au début, mais
c'est vrai qu'on connaît tous autour de nous quelqu'un qui
écoute RTL toute la journée, en tout cas qui écoute
une seule radio. C'est RTL, ça c'est vraiment, c'est
Speaker 3: magique. Oui, c'est une radio qui a une durée d'écoute
assez dingue. Et effectivement, c'est une radio qui peut accompagner
et qui accompagne les gens pendant toute la journée
Speaker 2: Justement, je voulais parler des auditeurs en la parole. qui
est une émission phare aussi de la grille. Comment ça
s'est passé, le lancement de cette émission? On était dans
quel contexte précisément
Speaker 3: Alors, elle a fêté cette émission ses 45 ans cette année,
parce qu'elle est née le 7 septembre 1981. avec Alain
Cross et Anne-Marie Pesson, qui ont formé un duo à l'antenne,
tous les deux, et ils accueillaient les auditeurs. Les premiers
sujets étaient moins des sujets d'actualité que des sujets un
peu plus légers à l'époque. En tout cas, moi j'ai
écouté dans les archives de 80, parce que pour le coup,
j'avais 11 ans à l'époque, puis j'habitais dans le sud,
donc je ne captais pas RTL. Mais de ce que
j'ai pu entendre de ces années-là, on n'est plus sur«
Madonna est en concert à Paris, qu'est-ce que vous en pensez?».
Et ensuite, il y a eu un glissement sur l'actualité
où là, les auditeurs ont commencé à … à réagir.
Et c'était une façon aussi de pouvoir prendre le pouls
des auditeurs. Si on tire le fil, c'est aussi ce
qu'a fait Philippe Labreau dans une émission qui s'appelait« Je
veux parler au directeur». Et pour l'anecdote, cette émission, elle
est née parce que Philippe prenait le temps de répondre.
à chaque auditeur qui envoyait du courrier. Et c'était des
sacs entiers qui arrivaient à la radio, et Philippe répondait
à chaque auditeur qui demandait une précision, qui râlait, parce
que la plupart du temps, un auditeur qui appelle, en général,
c'est plutôt quelqu'un qui appelle parce qu'il n'est pas content. Proportionnellement,
c'est comme ça. Voilà, c'est... Et l'émission de Philippe, par exemple,
elle est née de ça, en fait. Elle est née
de ce courrier d'auditeurs qui arrivait en masse à RTL
et on lui a suggéré, c'est Olivier Mazerolle qui lui
avait suggéré à l'époque de prendre la parole tout simplement
et de recevoir les auditeurs à l'antenne et de leur
répondre en direct. Voilà, des... C'est une autre façon de
prendre le pouls de la société. Tiens Laurent,
Speaker 2: pour finir, je sais que tu es passionné par les
archives de RTL. On se demandait comment ça se matérialise
justement dans les locaux de la radio. Est-ce qu'il y
a un service dédié aux archives ou est-ce qu'il y
a un lieu où on stocke encore des bandes? Comment
ça se passe à RTL pour les archives
Speaker 3: Oui, il y a un service d'archives à M6 qui
s'appelle M6 Media Bank qui gère à la fois les
archives télé de M6 et les archives radio de RTL.
Et oui, les bandes sont évidemment conservées. Dans les caves,
il y a plusieurs caves où on conserve toutes ces
bandes précieusement. Et on conserve aussi les disques. Ce sont
des disques pyrale, puisque avant les bandes, en fait, on
gravait des disques. Et tout ça a été conservé, en
tout cas la majorité a été conservée. Les disques pour l'anecdote,
quand on enregistrait une émission à Paris du temps de Radio-Luxembourg,
il y avait une voiture qui partait ensuite jusqu'au Luxembourg
avec tous les disques à diffuser. Et tout était diffusé
depuis le Luxembourg. Donc il y a heureusement quelques disques
qui ont été conservés. Et après, il y a une
autre partie des archives qui est aussi conservée pour le
coup au Luxembourg. et qui est conservé par l'équivalent de
l'INA chez nous en France, qui s'appelle le CNA, c'est
le Centre National de l'Audiovisuel, et eux aussi ont des archives,
des très vieilles archives.
Speaker 2: Merci Laurent, c'était vraiment sympa de t'avoir pour les 60
ans d'RTL. Je pense qu'on aurait pu rester des heures
et tu aurais pu nous donner encore mille anecdotes. Voilà,
c'est un bon début. En tout cas, en tant que
passionné de radio, évidemment, tu es le bienvenu ici dans
Des Andes Vocastes pour d'autres actualités. Si tu fais une
expo ou autre, on se fera un plaisir évidemment d'en parler.
Merci à toi en tout cas, Laurent Marcic, journaliste média
à RTL. Des Andes Vocastes.



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