Des Ondes Vocast
← All episodes

Interview Laurent Marsick - Journaliste RTL

25:53

Au micro de Rémy Bertholon, Laurent Marsick revient sur la grande fête qui a réuni sur plusieurs jours les équipes anciennes et actuelles de RTL, ainsi que des auditeurs de toutes les générations. Laurent rappelle aussi l'ADN de RTL, tant sur l'info que sur le divertissement, qui n'a pas changé depuis des décennies. Il revient sur l'origine des Grosses Têtes et la recette d'une grille qui a toujours privilégié une grande diversité de contenus et qui s'adresse à toutes les générations et classes de la population. Laurent Marsick revient aussi sur le rapport privilégié qu'a su tisser RTL avec la musique et les artistes, notamment sous la houlette de Monique le Marcis pendant de nombreuses années.

Animation / réalisation : Rémy Bertholon

Intervenants : Laurent Marsick

Crédits musicaux : Rob - It's a blast (BO du film 'Radiostars'), jingles produits par Pure Jingles [https://purejingles.com/]

Voix off : Estelle Hubert [https://estellehubert.com]

Contact
Par mail : [email protected] [https://www.vocast.fr/contact.html]
X : @DesOndesVocast [https://x.com/DesOndesVocast]
Read the transcript
Speaker 2: Les 60 ans d'RTL, on ne pouvait pas passer à côté. Et pour cela, on a décidé d'inviter un des spécialistes de la question. On a le plaisir d'être avec Laurent Marcic. Bonjour. Bonjour Rémi. Merci d'être là Laurent, journaliste média et mémoire de RTL. Évidemment, on va parler de cette fête organisée pour les 60 ans. On a beaucoup de choses à voir avec toi. On va parler de l'info RTL, des grands divertissements et de cette proximité qui s'est forgée avec le temps entre les auditeurs et la radio. On va commencer peut-être par cet anniversaire. On a entendu des grandes voix historiques, des émissions aussi spéciales, sans pour autant dénaturer la grille actuelle. Alors, comment ça s'est passé cet anniversaire côté coulisses? Est-ce qu'il y a eu de belles retrouvailles Speaker 3: Oui, ce qui est chouette, c'est que Jonathan Curiel, notre patron de RTL, et toutes les équipes de la direction ont eu, je trouve, l'idée géniale de ne pas seulement inviter les anciennes stars de la maison, mais d'inviter tout le monde. Et ce qui fait que c'était un peu comme une grande réunion de famille où on a retrouvé à la fois des techniciens, des réalisateurs, des journalistes, des assistantes, Voilà, parce que c'est toute une chaîne, la radio, et sans les techniciens, on n'est rien, sans les assistantes, on n'est rien. Et c'était très, très chouette de voir revenir tout ce monde-là, en fait, à RTL, comme si on ne s'était jamais perdu de vue, en fait, alors que tout le monde a eu des parcours. Il y en a qui sont à la retraite, etc. Et c'était assez rigolo de revoir tout le monde. On s'est un peu tous tombés dans les bras. Voilà, c'était un joli moment, en tout cas. Speaker 2: Et le point commun, c'est la passion de la radio et de cette radio-là, RTL. Est-ce qu'il y avait des échanges avec les gens de l'ombre? Je pense aux anciens réalisateurs, par exemple, avec les personnalités de l'antenne d'aujourd'hui Speaker 3: C'était un chouette moment. On a un peu refait le monde, on a un peu refait la radio, évidemment. Ils sont tous très attentifs à ce que RTL est devenu. Ils sont souvent très critiques parfois, mais aussi, ils notent quand il y a des choses chouettes qui sont faites. Il y a un lien qui est resté pour tout le monde avec RTL. C'est assez difficile à expliquer. Moi, je suis en lien avec eux sur les réseaux sociaux, avec tous les anciens, je parle. Ils n'hésitent pas à interpeller. Ils continuent à écouter. Ils continuent de temps en temps à... à faire des critiques, parfois c'est constructif, parfois c'est épidermique, mais ça fait du bien aussi de savoir qu'ils sont là et qu'ils veillent sur nous. Speaker 2: On en reparlera du lien qui a été tissé au fil des années entre RTL et ses auditeurs, mais en tout cas, pour cette journée anniversaire, on les a entendus à l'antenne, les auditeurs d'RTL, et ils ont été reçus aussi dans les locaux. Speaker 3: C'était assez étonnant de voir. Il y avait un petit peu de tout. Il y avait des gens qui écoutaient RTL depuis l'époque Radio Luxembourg, donc plutôt des auditeurs un peu âgés. Et ce qui était très étonnant, enfin moi ce que j'ai trouvé vraiment très bien, c'était d'entendre des auditeurs dire« j'ai commencé à écouter RTL avec ma grand-mère, j'ai poursuivi avec mes parents et aujourd'hui je suis devenu infidèle». Et il y avait une sorte de transmission en fait, de quelque chose d'assez peu palpable, mais il y a une transmission. Avec RTL, j'ai trouvé ça très joli en fait, de se dire que voilà, il y a Il y a des gens pour qui c'est presque une petite Madeleine de Proust. RTL, c'est quelque chose qui fait appel à des souvenirs d'enfance, des choses comme ça Speaker 2: 60 ans d'actualité RTL, on pourrait en parler puisque, évidemment, vous avez couvert tous les grands événements. Les guerres, les reportages à l'étranger, des événements sportifs. RTL qui s'est construit avec une belle rédaction, des correspondants un peu partout en France et à l'étranger. C'est quoi l'ADN de l'actualité de l'information vue par la rédaction RTL, justement Speaker 3: Moi, quand je suis arrivé dans cette maison il y a bientôt 30 ans, dans quelques mois, la ligne n'a pas changé. D'abord, c'est d'être le plus juste. Ensuite, c'est de raconter des histoires. Ça, c'était l'obsession des patrons à l'époque et ça l'est toujours aujourd'hui. C'est d'aller sur le terrain, évidemment, et d'être le plus honnête possible, sans parti pris, évidemment, de rendre compte, en fait, de ce qu'on voit et d'essayer de toujours être dans la proximité, en fait, c'est-à-dire de... de jamais avoir un œil parisien sur les choses. Il y a des bureaux RTL qui sont installés partout en France. Et voilà, on n'est pas une caste à part ou supérieure ou tout ça. Il y a une vraie proximité avec les auditeurs. Speaker 2: Et puis la volonté aussi, tout au long de la grille, de garder la main à tout moment sur l'actualité avec les instantanés à l'époque. Vous avez du divertissement, mais dès qu'il se passe quelque chose, attention, Speaker 3: on est là. Bien sûr, mais ça, c'est l'impulsion qui a été donnée dès 1966 par Jean Farran, Farkas et tous les patrons de l'époque. C'était de remettre l'information au cœur du réacteur. Et ça n'a pas changé, ça n'a pas varié. Autrefois, il y avait les instantanés. C'était à l'époque où les téléphones portables n'existaient pas ou pas encore, ou en tout cas pas dans la forme actuelle. C'était en fait l'équivalent du push qui existe aujourd'hui dans tous nos téléphones portables. Mais oui, l'information s'invite à n'importe quel moment sur l'antenne, bien sûr. Speaker 2: Et puis l'autre pilier important de la grille RTL, c'est le divertissement avec l'émission phare Les Grosses Têtes lancée par Philippe Bouvard. Au départ, lui, il voulait faire une émission un peu culturelle Speaker 3: Ce qu'il raconte, c'est que la première émission n'était visiblement pas drôle du tout. En fait, il s'était inspiré d'une émission qui existait autrefois sur une radio qui s'appelait Radio Cité et qui s'appelait Les Incollables. qui était présenté par un monsieur qui s'appelle Robert Beauvais, qui a d'ailleurs fait partie du premier tour de table de l'émission« Des grosses têtes» de Philippe Bouvard. Les premières émissions, effectivement, étaient visiblement pas drôles. Et en fait, Philippe dit que l'audience a vraiment décollé quand ils ont découvert les trois premières lettres du mot« culture». Donc voilà, c'est parti comme ça. Mais Philippe avait cette obsession, et Laurent c'est pareil je pense aujourd'hui, Il avait cette obsession que les gens apprennent en s'amusant. Lui-même le disait, il n'avait pas passé, il n'était pas bardé de diplômes, il a construit sa culture tout seul. C'était ce qu'on peut appeler un besogneux, c'était quelqu'un qui bossait beaucoup, qui lisait beaucoup, qui écoutait, etc., qui s'est nourri de tout ce dont il pouvait se nourrir. Et c'était un peu ce qu'il essayait de faire aussi dans les grosses têtes. C'est-à-dire, voilà, entre deux blagues d'Olivier de Carceauzon ou de Jean-Yann, on apprenait des choses avec Jean Dutour ou d'Ormeçon. Et les questions étaient parfois culturelles et très pointues. Ça, ça a toujours été... C'est l'équilibre génial, en fait, qu'il y a dans les grosses têtes. Et c'est pareil aujourd'hui. Moi, quand j'écoute... Quand je pars en reportage et que je me branche sur RTL et que j'écoute... Laurent Ruquier, j'apprends des choses aussi. Entre deux blagues aussi, entre deux grivoiseries, on apprend des choses. C'est ça qui est formidable. Speaker 2: C'est Philippe Bouvard qui n'a jamais adoubé la reprise du flambeau des grosses têtes par Laurent Ruquier. Est-ce que tu penses que ça aurait fait plaisir aux auditeurs et notamment les plus fans de l'émission Speaker 3: Pour en avoir un petit peu discuté avec Philippe Bouvard, je pense qu'il faut voir deux choses. Il y a la partie publique où, effectivement, Philippe a pu dire des choses assez dures. Et ensuite, il y avait la partie privée Et dans la partie privée, comment dire ça? Philippe n'était pas aussi dur envers Laurent. Il était plutôt fier que Laurent Ruquier ait repris l'émission. Moi, la dernière fois où j'ai vu Philippe, la première question qu'il m'a posée, c'est comment vont les grosses têtes? Quelle est l'audience? Est-ce que l'émission est toujours leader? Qui est encore là? Et sa conclusion, c'était assez bien, c'est bien, etc. Il était content et je pense que Il y avait de l'eau à couler sous les ponts. Ce n'est pas évident non plus. Il faut se remettre dans le contexte de l'époque. La direction vous dit« on arrête et on va vous remplacer par votre principal concurrent». Je peux comprendre. Et puis c'était son bébé né en 1977. On était quand même à 37 ans, 38 ans de maison. Ce n'était pas évident pour lui. Donc voilà. Mais je ne suis pas certain que Philippe ait gardé une rancune tenace contre Laurent Ruquier, bien au contraire. Moi, j'ai plutôt eu le sentiment, en tout cas, que c'était plutôt l'inverse. Speaker 2: Et tu penses que les auditeurs auraient aimé justement une passation plus tranquille, peut-être même à l'antenne Speaker 3: J'en sais rien. Après, Philippe, il est intervenu dans les grosses têtes de Laurent Ruquier, il y a quelques années de ça. Voilà, ça c'est... ça s'est très bien passé. C'était quelqu'un qui avait aussi son caractère, Philippe. Donc voilà. Mais moi, je suis plutôt admiratif de la façon dont Laurent a aussi traité tout ça. Dans tout ce que j'ai pu entendre dans les interviews, etc. Laurent, il a fait sa culture radio aussi avec Philippe Bouvard et surtout avec Philippe Bouvard et les Grosses Têtes. Donc c'est vraiment pour le coup un enfant des Grosses Têtes. Moi, j'ai trouvé ça... Ça ne m'a pas du tout, personnellement, là, je ne parle vraiment que pour moi, mais en tant qu'auditeur, ça ne m'a pas du tout choqué quand on a annoncé que Laurent Ruquier reprenait les Grosses Têtes. Au contraire, moi, j'ai trouvé ça super. C'est génial. Et ce qu'il en a fait, Laurent Ruquier, je trouve qu'on retrouve, dans les émissions de Laurent Ruquier, on retrouve le meilleur, en fait, de la meilleure période de Philippe Bouvard aux Grosses Têtes, je trouve. Speaker 2: On aime bien le côté coulisses. Pour les Grosses Têtes, émission généralement enregistrée, avec notamment Philippe Bouvard, est-ce que ça a toujours été le cas ou on a eu des émissions en direct Speaker 3: Non, ça a toujours été enregistré, Les Grosses Têtes, pour plusieurs raisons. On en avait discuté avec Éric Laverdun, qui malheureusement a disparu il y a quelques années, qui était le dernier réalisateur de Philippe Bouvard et qui a beaucoup travaillé sur Les Grosses Têtes pendant de nombreuses années. Ils enregistraient parce que Il fallait redynamiser l'émission. En fait, Philippe Bouvard pouvait faire des enregistrements qui duraient bien plus que le temps d'antenne. Il pouvait enregistrer, j'exagère un peu, mais il enregistrait 4 heures de grosses têtes pour en retirer 3 heures. Et donc le montage permettait de dynamiser l'émission, peut-être parfois aussi d'enlever des choses qui n'étaient pas diffusables à l'antenne. Et donc voilà, ça a toujours été enregistré, oui. Laurent Ruquier, quand je vois les enregistrements qu'il fait en studio, il est quasiment proche du direct. Il est vraiment dans ses... Il y a assez peu de montage sur son émission. Il est dans les conditions du direct. Speaker 2: D'accord, c'est intéressant. Je voulais revenir aussi sur un fait marquant et qui montre un petit peu la complexité de gérer une grille d'antenne. En 2000, Philippe Bouvard est remercié, remplacé par Christophe Dechavanne. C'est une catastrophe d'audience. On fait revenir à nouveau Philippe Bouvard pour les grosses têtes. En revanche, les auditeurs qui sont partis ne reviendront pas tous. C'est une bonne ou une mauvaise Speaker 3: interprétation? Jacques Rigaud, l'ancien président d'RTL, avait une phrase qui répond totalement à la question. Un auditeur déçu est un auditeur perdu. C'est très long de faire revenir des auditeurs. Quand Philippe s'en va... Christophe de Chavannes perd 800 000 auditeurs par rapport à la même période de 1999. On est en 2000. Et c'est très très long en fait. La radio c'est un média d'habitude. Moi je me souviens bien des années plus tard, après le retour de Philippe Bouvard, d'un chauffeur de taxi un matin en partant à la radio. Et il me dit j'écoute plus RTL depuis que vous avez viré Philippe Bouvard. Et je lui dis mais vous savez ça fait deux ans qu'il est revenu. Et il me dit oui mais non. Voilà, c'est la preuve que c'est compliqué de faire revenir les auditeurs. Après, quand on regarde les scores que fait Laurent, les auditeurs, en tout cas sur les grosses têtes, sont revenus. L'émission est leader. Alors, bien sûr, Speaker 2: on pourrait parler de plein d'autres émissions, de plein d'autres voix. Fabrice, Jean-Pierre Foucault, tous ces divertissements qui ont marqué aussi les différentes grilles RTL. Est-ce qu'il y a un style, justement, de ces divertissements où, un peu comme les Grosses Têtes, on aime bien se marrer, mais on aime bien apprendre un petit truc au passage? Ce Speaker 3: qui est assez singulier avec RTL, c'est que c'est une radio qui n'est vraiment pas comme les autres. C'est-à-dire que quand on regarde les grilles de programmes de l'époque, en fait, il y en a pour toutes les tranches de la population. Il y a de la musique classique avec Alain Duhaut. Il y a les Grosses Têtes avec Philippe Beauvard. Il y a des choses plus pointues dans RTL Cinéma. Il y a de la philo à l'antenne. C'est vraiment une radio atypique. Il y a eu une époque où, quand France Info est née, c'était tout info. À un moment, Europe 1 s'est transformé en radio totalement sport, etc. Et RTL gardait ce... cette vision à 360 degrés de ces auditeurs. Il en fallait pour tout le monde, il en fallait pour toutes les catégories de la population, que ce soit ce qu'on appelle les CSP +, comme tous les autres auditeurs. C'est assez marrant de voir, parce que c'est vraiment un modèle qui est presque unique au monde. Moi, je me souviens de gens qui sont venus visiter, c'était des Américains qui étaient venus visiter RTL, Et ils étaient très, très étonnés de voir cette radio-là, qui n'était pas une radio spécialisée, qui pouvait aussi bien avoir des blagues grivoises dans les grosses têtes et tout d'un coup parler Shostakovich pendant une heure avec Alain Duhaut. C'est assez étonnant, en fait, quand on regarde ça. Speaker 2: Et c'est quelque part une confiance de l'auditeur envers la radio. C'est-à-dire qu'il comprend que c'est peut-être pointu sur certains sujets. Même s'il n'adhère pas forcément, il va quand même rester. Il va se retrouver un peu plus tard dans la grille avec un divertissement qui lui correspond et vice-versa. Speaker 3: Oui. On ne prend jamais l'auditeur pour un idiot. Il faut réussir. Mais ça, c'est tout le talent des animateurs. Et puis... et puis des présentateurs, c'est de réussir à intéresser tout le monde. C'est ça aussi ce qui fait la force, que ce soit à RTL ou ailleurs, c'est ce qui fait la force de la radio, ou en tout cas du média qu'on écoute à ce moment-là, c'est qu'on a l'impression, en tout cas on apprend quelque chose, et en même temps, l'idée c'est pas non plus de prendre l'auditeur pour un idiot. Speaker 2: Et puis, on peut parler aussi, Laurent, de musique et surtout des artistes, des chanteurs, des musiciens qui sont restés toujours fidèles à cette radio. Et on prend toujours l'exemple de Johnny Hallyday, qui, lui, n'a jamais cessé de garder et de tisser un lien avec la radio. Speaker 3: Oui, on doit ça à l'ancienne patronne de la programmation au divertissement qui est Monique Lemarcy, qui a su construire une relation très particulière avec tous ces artistes-là. Elle ne les a pas seulement accompagnés. Elle les a parfois pris par la main. Elle en a découvert un paquet quand même. Et il y avait et il y a toujours cette fidélité envers les artistes RTL. Si on prend l'exemple de Johnny, la relation qu'il a nouée avec RTL était bien plus qu'une relation professionnelle. Il y avait une vraie relation amicale. Il y avait une vraie confiance aussi. Et puis quand RTL aimait et quand RTL aime, les artistes sont soutenus, régulièrement interviewés. Moi, Monique Lemarcy m'a quand même raconté des choses incroyables où elle traversait la France pour aller voir dans une petite salle... tel artiste dont elle faisait la promotion à l'antenne, elle était là pour le soutenir. Et l'artiste voyait que Monique Lemarcy était là, que RTL était là. Et voilà, ça crée une relation particulière et singulière. En témoigne d'ailleurs, à l'occasion des 60 ans, le formidable coup de fil passé par Jean-Jacques Goldman, qui a d'ailleurs rendu hommage à Monique en expliquant que... on lui avait plusieurs fois dit non à ses débuts, et que RTL et Monique Lemarcy avaient dit oui à Jean-Jacques Goldman, et ils l'ont, et elle l'a accompagné, la radio l'a accompagné à ses débuts, et ça crée une relation qui ne s'oublie pas, voilà. Speaker 2: RTL s'est écouté un peu partout en France et ça cartonne. Mais moi, j'ai déjà entendu des patrons de radio locales dire RTL, dans l'Est, ils sont chez eux. Est-ce que RTL est plus écouté dans le Nord, dans l'Est, via son histoire peut-être? Ou c'est une fausse idée? Speaker 3: Non, non, c'est vrai. Déjà d'un point de vue historique, l'émetteur grande zone de RTL, en gros, il couvre jusqu'à la moitié de la France. On prend la France, on tire un trait en dessous de Tours et la zone d'RTL, elle est au-dessus. Donc oui, oui, non, bien sûr, c'est resté. Ça reste des territoires où effectivement on écoute beaucoup RTL. Voilà, on est un peu... Quand on regarde, je n'ai pas les sondages dans le détail, mais je sais que dans les zones sud-est, c'est un peu moins le cas Speaker 2: Je voulais qu'on parle aussi de quelque chose qui est assez fascinant, c'est justement la proximité qu'a RTL avec ses auditeurs. Je crois que dans les années 80, on a même... créé un club avec les auditeurs de RTL. Et puis, beaucoup de correspondances par écrit à l'époque, le standard toujours ouvert. C'est un rapport qui a été tissé avec le temps. C'est un état d'esprit au sein de la radio Speaker 3: Oui, mais ça remonte même à avant parce qu'il y avait une association à l'époque de Radio Luxembourg qui s'appelait les ARL, qui étaient les Amis de Radio Luxembourg. C'était des clubs gérés, il y en avait partout en France, c'était des clubs gérés par des auditeurs. Et en fait, RTL utilisait ces clubs d'auditeurs pour remplir les salles où ils se produisaient, ou les chapiteaux sous lesquels ils se produisaient, parce qu'il y avait beaucoup d'émissions qui se déroulaient sous chapiteaux. Et en fait, ces auditeurs avaient vraiment... Alors, ils avaient la main sur le public, et en contrepartie, ils organisaient des voyages entre auditeurs, il y avait des dotations, ils avaient accès à parfois RTL leur donnait des disques, etc. à offrir aux adhérents du club. Et ça a duré ensuite, ça a continué avec le club RTL, et oui il y a cette relation on reçoit encore, c'est rigolo parce qu'on reçoit encore des lettres d'auditeurs qui parfois sont contents, moi j'en ai reçu des lettres d'auditeurs qui sont contents de telle ou telle chronique ou qui demandent une précision parce qu'ils ont oublié de noter le titre de tel livre etc et donc oui il y a toujours cette relation avec les auditeurs, c'est chouette moi je trouve ça chouette au contraire Speaker 2: Tu en as parlé un petit peu au début, mais c'est vrai qu'on connaît tous autour de nous quelqu'un qui écoute RTL toute la journée, en tout cas qui écoute une seule radio. C'est RTL, ça c'est vraiment, c'est Speaker 3: magique. Oui, c'est une radio qui a une durée d'écoute assez dingue. Et effectivement, c'est une radio qui peut accompagner et qui accompagne les gens pendant toute la journée Speaker 2: Justement, je voulais parler des auditeurs en la parole. qui est une émission phare aussi de la grille. Comment ça s'est passé, le lancement de cette émission? On était dans quel contexte précisément Speaker 3: Alors, elle a fêté cette émission ses 45 ans cette année, parce qu'elle est née le 7 septembre 1981. avec Alain Cross et Anne-Marie Pesson, qui ont formé un duo à l'antenne, tous les deux, et ils accueillaient les auditeurs. Les premiers sujets étaient moins des sujets d'actualité que des sujets un peu plus légers à l'époque. En tout cas, moi j'ai écouté dans les archives de 80, parce que pour le coup, j'avais 11 ans à l'époque, puis j'habitais dans le sud, donc je ne captais pas RTL. Mais de ce que j'ai pu entendre de ces années-là, on n'est plus sur« Madonna est en concert à Paris, qu'est-ce que vous en pensez?». Et ensuite, il y a eu un glissement sur l'actualité où là, les auditeurs ont commencé à … à réagir. Et c'était une façon aussi de pouvoir prendre le pouls des auditeurs. Si on tire le fil, c'est aussi ce qu'a fait Philippe Labreau dans une émission qui s'appelait« Je veux parler au directeur». Et pour l'anecdote, cette émission, elle est née parce que Philippe prenait le temps de répondre. à chaque auditeur qui envoyait du courrier. Et c'était des sacs entiers qui arrivaient à la radio, et Philippe répondait à chaque auditeur qui demandait une précision, qui râlait, parce que la plupart du temps, un auditeur qui appelle, en général, c'est plutôt quelqu'un qui appelle parce qu'il n'est pas content. Proportionnellement, c'est comme ça. Voilà, c'est... Et l'émission de Philippe, par exemple, elle est née de ça, en fait. Elle est née de ce courrier d'auditeurs qui arrivait en masse à RTL et on lui a suggéré, c'est Olivier Mazerolle qui lui avait suggéré à l'époque de prendre la parole tout simplement et de recevoir les auditeurs à l'antenne et de leur répondre en direct. Voilà, des... C'est une autre façon de prendre le pouls de la société. Tiens Laurent, Speaker 2: pour finir, je sais que tu es passionné par les archives de RTL. On se demandait comment ça se matérialise justement dans les locaux de la radio. Est-ce qu'il y a un service dédié aux archives ou est-ce qu'il y a un lieu où on stocke encore des bandes? Comment ça se passe à RTL pour les archives Speaker 3: Oui, il y a un service d'archives à M6 qui s'appelle M6 Media Bank qui gère à la fois les archives télé de M6 et les archives radio de RTL. Et oui, les bandes sont évidemment conservées. Dans les caves, il y a plusieurs caves où on conserve toutes ces bandes précieusement. Et on conserve aussi les disques. Ce sont des disques pyrale, puisque avant les bandes, en fait, on gravait des disques. Et tout ça a été conservé, en tout cas la majorité a été conservée. Les disques pour l'anecdote, quand on enregistrait une émission à Paris du temps de Radio-Luxembourg, il y avait une voiture qui partait ensuite jusqu'au Luxembourg avec tous les disques à diffuser. Et tout était diffusé depuis le Luxembourg. Donc il y a heureusement quelques disques qui ont été conservés. Et après, il y a une autre partie des archives qui est aussi conservée pour le coup au Luxembourg. et qui est conservé par l'équivalent de l'INA chez nous en France, qui s'appelle le CNA, c'est le Centre National de l'Audiovisuel, et eux aussi ont des archives, des très vieilles archives. Speaker 2: Merci Laurent, c'était vraiment sympa de t'avoir pour les 60 ans d'RTL. Je pense qu'on aurait pu rester des heures et tu aurais pu nous donner encore mille anecdotes. Voilà, c'est un bon début. En tout cas, en tant que passionné de radio, évidemment, tu es le bienvenu ici dans Des Andes Vocastes pour d'autres actualités. Si tu fais une expo ou autre, on se fera un plaisir évidemment d'en parler. Merci à toi en tout cas, Laurent Marcic, journaliste média à RTL. Des Andes Vocastes.

Keep listening

More from the show

02:16

Les actus radio - octobre 2026

Pour commencer, un point sur les actus du secteur de la radio. Animation / réalisation : Rémy Bertholon Intervenants : Laurent Marsick Crédits musicaux : Rob - It's a blast (BO du film 'Radiostars'), jingles produits par...

Image
Title