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Interview Hugues de Vesins - Président de CFM

12:25

- On parlera aussi de la baisse de 44% du FSER dans le projet de loi de finance du gouvernement, et pour cela Rémy Bertholon recevra Hugues de Vesins, Président de la radio CFM, qui nous rappellera les enjeux de ce financement essentiel pour les radios associatives et le lien qu’elles créent dans leurs territoires

Animation / réalisation : Olivier Oddou

Intervenants : Rémy Bertholon

Invités : Hugues de Vesins (Président de CFM) & Stéphanie Loire (Animatrice Journaliste sur Radio Scoop)

Crédits musicaux : Rob - It's a blast (BO du film 'Radiostars'), jingles produits par Pure Jingles [https://purejingles.com/]

Voix off : Estelle Hubert [https://estellehubert.com]

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Speaker 2: Et pour en parler, j'accueille tout de suite Rémi Bertollon. Rémi, tu produis et animes le programme Rémi & Jam pour les mornings et drives des radios locales. Et tu reçois maintenant Hugues Deveuzin pour parler du FSER. Speaker 3: Et oui, Olivier, dans CFM dans le Sud-Ouest avec plein d'autres radios, évidemment. Hugues Deveuzin est avec nous pour en discuter. Hugues, bonjour. Oui, bonjour. Vous connaissez très bien les dossiers et c'est pour ça qu'on voulait vous avoir avec nous. C'est la deuxième fois en un an qu'on essaye de réduire fortement le fonds de soutien. Quel est le moral dans les équipes des radios associatives? J'imagine que c'est compliqué. Le Speaker 4: moral, il est énervé, quelque peu dégoûté par les dispositifs récurrents de destruction du fonds de soutien à l'expression radiophonique, surtout quand on sait que nos radios évoluent depuis, en ce qui concerne CFM Radio, depuis 44 ans et que nous remplissons la totalité de nos missions. On est très énervés et très fatigués pour aller au café. Speaker 3: Alors, quand c'est rentré dans l'ordre l'année dernière, on était en contact avec beaucoup de radios associatives qui nous disaient« on va voir l'année prochaine ce que ça va donner». On ne pensait pas, j'ai l'impression qu'on ne pensait pas que ça aille encore plus loin dans la proposition finalement? Speaker 4: Les radios associatives, peut-être, moi, j'étais persuadé du contraire. Et nous étions quelques-uns à être persuadés du contraire. Et il est vrai que les radios associatives sont tellement, malheureusement, la tête dans le guidon à faire de la radio sur le terrain, avec leurs bénévoles, avec leurs salariés, à répondre à des problématiques extrêmement précises sur leurs émetteurs, sur la constitution de leurs programmes. et ont assez peu de moyens, ce qui fait qu'elles sont toujours en tension. Donc la préoccupation de ces radios en remettant à leurs représentants et puis à la confiance qu'elles peuvent avoir en l'État et en le ministère de la Culture, elles espéraient que l'affaire était, j'allais dire, entendue et qu'elles avaient un peu de répit, en tout cas au moins jusqu'aux présidentielles. Visiblement, ce n'était pas le cas. Je pensais personnellement qu'il fallait maintenir une certaine pression, voire une certaine attention sur cette problématique. Parce que je n'imaginais pas que Bercy, ayant tenté une première fois le coup, ne retente pas une deuxième fois. On connaît un petit peu les arcanes du pouvoir en la matière. Et malheureusement, c'est ce qui s'est passé. Et donc... À titre personnel, je ne suis malheureusement pas surpris, mais je sais que l'ensemble du secteur est extrêmement surpris et choqué par ce qui est en train de se passer Speaker 3: Les gouvernements changent régulièrement, mais la ministre de la Culture et de la Communication, c'est toujours la même, Rachida Dati, elle semblait découvrir un petit peu le dossier l'année dernière. Là, elle est au fait de l'actualité. Vous avez eu des retours du ministère de la Culture? Le retour Speaker 4: du ministère de la Culture, c'est qu'il aimerait faire le maximum pour que les radios associatives perdurent. Je n'ai pas senti de la part de mes camarades qui ont pu être reçus par le cabinet du ministère de la Culture le même type d'engagement que l'an dernier à soutenir un réabondement du fonds de soutien à l'expression endophonique de la part du ministère de la Culture. En tout cas, le sujet est resté assez vague. Je suis un petit peu en difficulté de vous dire ce qu'il en est, parce qu'à ce jour, aucun des représentants des organisations représentatives des radios associatives n'est en mesure de nous dire clairement si, oui ou non, le gouvernement va soutenir un amendement d'un groupe parlementaire permettant de laisser le fonds de soutien à l'exploration radiophonique au niveau actuel et de ne pas l'amputer de 51% de ses financements. Et ça, c'est un vrai problème, puisque même si le Parlement a les mains par le biais des amendements tels que l'a dit l'actuel Premier ministre, M. Lecornu, la réalité, c'est que si le gouvernement n'accepte pas un amendement de dépense, de cette nature-là, c'est comme s'ils n'existaient pas. Donc, à ce jour, je ne suis pas en mesure de vous dire si le ministère de la Culture va soutenir activement l'un de ces amendements. Nous l'espérons, nous le souhaitons. On a la faiblesse de le penser, mais nous n'avons pas eu de réponse totalement affirmative en la matière Speaker 3: Si le budget est retoqué, est-ce que c'est bon pour vous ou ça complexifie encore les choses? Speaker 4: Bien malin qui peut dire ce que ça permet de faire. Apparemment, si le budget est retoqué, il y aura donc une motion de censure. S'il y a une motion de censure, il y aurait dissolution. Il y aurait donc une loi spéciale et théoriquement le report, mois après mois, de la loi de finances de l'an passé. C'est-à-dire de 2025 en 2026. En théorie, cela veut dire que le fonds de soutien, en tout cas dans les premiers mois de l'année 2026, ne baisserait pas. Je dis que c'est la théorie parce que j'attends de voir si, oui ou non, les crédits seront bien affectés au travers d'une loi spéciale. Nous, on ne l'a jamais vécu. C'est quelque chose d'assez exceptionnel. Est-ce que le gouvernement maintiendra uniquement les sièges votés? Est-ce qu'il maintiendra aussi les subventions des différents fonds? Écoutez, moi, je ne suis pas un spécialiste des finances publiques et encore moins de droits constitutionnels. Donc, j'ai la faiblesse de le croire, mais je n'en sais strictement rien. Voilà. Speaker 3: Alors, au-delà de la mission que vous menez sur le terrain, il y a un argument qui est étonnamment balayé du revers de main, puisque le FSER, c'est pour repalier au manque de recettes publicitaires, le volume qui est limité. En l'occurrence, là, il n'y a pas du tout d'argument à dire« on peut augmenter ce volume-là en compensation». Speaker 4: Le FSR, il a été créé en 1984, non pas pour pallier, mais pour permettre aux radios commerciales de faire de la publicité sur le bien erdien, car je vous le rappelle, à l'époque, c'était interdit, de façon à permettre aux citoyens de pouvoir se saisir du bien public, un petit peu comme vous, quand vous marchez dans la rue, les revêtements. Les rues sont un bien public, les plages aussi. Pour permettre aux citoyens de continuer à pouvoir se saisir de ce bien, en l'occurrence au travers d'associations, on a dit aux radios commerciales« Ok, vous vous accaparez bien pour faire de l'argent, mais vous, les régies commerciales, vous payez une redevance, qu'on appelle taxe du fonds de soutien, de façon à alimenter un fonds, qui est celui du fonds de soutien à l'expression allophonique. Pendant des années, c'est-à-dire jusqu'en 2019, Le fonds de soutien relevait en quelque sorte, je ne trouve pas les termes exacts parce que si je vous fais tout l'historique, on va y passer des heures, relevait, en tout cas bénéficiait du prélèvement d'une redevance qui rapportait 41 millions d'euros. Cette redevance, alors que le fonds de soutien coûtait 35,5 millions d'euros. En 2019, elle a été supprimée. Lors de l'opération, l'argent du fonds de soutien est pris directement dans le budget de l'État. Voilà la réalité. Et pourquoi est-ce que nous, radio associative non commerciale, Nous bénéficions de ce fonds de soutien parce que le fait est qu'on s'interdit de faire plus de 20% de publicité à l'antenne. Par conséquent, on utilise ces fonds pour répondre à nos missions de communication sociale de proximité, ce qui correspond à la loi modifiée en 2000. et qui correspond réellement à nos missions, que nous, à mon sens, nous remplissons, en tout cas, pas que à mon sens, eu égard au rapport de 2006 de la Cour des comptes et de la Commission du Sénat, mais également plus récemment, en 2021, un rapport rendu, je crois, par, entre autres députés, il y avait Mme Magne, donc Assemblée nationale, un rapport sur le fonctionnement du fonds de soutien, je... Il est clair que nos missions sont remplies d'après et le Sénat et l'Assemblée nationale. Voilà, peut-être de façon un peu confuse réexpliquer les choses, mais nous n'avons pas un fonds de soutien parce que nous faisons moins de pubs que les autres, nous avons un fonds de soutien. parce que nous remplissons des missions, que ces missions nous les remplissons justement en ne recourant pas au marché publicitaire, ce qui permet aussi à des citoyens comme vous, comme moi, comme d'autres, bénévoles, d'utiliser le bien public pour faire de la radio et pour s'exprimer. J'ajoute que nous faisons de la radio dans des lieux où elle ne peut être faite ni par le service public, ni par les radios commerciales. C'est un point aussi qui est assez difficile à comprendre lorsque l'on est dans des grands centres urbains comme Toulouse, comme Paris, ce que je comprends largement. Mais CFM Radio, sa particularité, c'est 17 émetteurs. sur le Tarn, l'Aveyron, le Lot, le Tarn-et-Garonne. Mais où sont nos radios? Elles sont à Keillus, à Corde, à Lacône, c'est-à-dire des villes qui font entre 800 et 2500 habitants. Comment faites-vous une radio digne de ce nom dans des villes et des villages de la ruralité? en ne recourant qu'au marché publicitaire. Il n'existe pas un marché publicitaire dans ces zones-là. Et pourtant, ces gens ont aussi le droit de se saisir du bien public, qui est le bien herdien, pour s'exprimer, créer du lien social, etc. Et c'est ce que nous faisons. Donc, sans fonds publics, Eh bien, ces territoires deviennent invisibles au niveau erdien et dans la radio. C'est aussi bête que ça. Ce qui ne veut pas dire que le service public ne joue pas son rôle, il le joue à son niveau. Ça ne veut pas dire que les radios commerciales, c'est le diable, ce n'est pas le cas, mais à chacun son rôle. Et le nôtre, c'est aussi d'être sur des territoires qui sont, on va dire, plus éloignés De certains centres d'intérêt, et en tout cas en ruralité, je pourrais vous donner plein d'exemples, si nous n'étions pas subventionnés, comme d'autres activités en ruralité, nous ne pouvons pas exister. Or, il se trouve que la ruralité Speaker 3: existe en France. Merci pour cette précision, Hugues, effectivement, à chacun son rôle. L'année dernière, on avait senti un engouement auprès des élus de terrain, les députés, les maires également. Est-ce que pour cette année, pour ce nouveau dossier, là aussi, vous sentez une réaction ou c'est plus timide? Speaker 4: Alors, on a une réaction extrêmement rapide de 80% des élus. Je parle, en tout cas en ce qui concerne CFM Radio et les quatre départements dont je viens de vous parler, y compris des messages de sympathie, au-delà même de leur volonté de déposer des amendements. Volonté de déposer des amendements qui, clairement, ont été suivis, c'est ce que j'étais en train de lire sur Internet, en fait, puisque vous pouvez regarder les amendements déposés à l'Assemblée nationale. grande lassitude. C'est-à-dire, lassitude dont je vous ai parlé pour les rédactives, elle touche aussi les élus. Et je ne vous donnerai pas de nom, mais j'ai deux députés qui m'ont écrit noir sur blanc. On y va, mais ça va Ça va être difficile parce que c'est la deuxième fois et l'année prochaine, à tous les coups, ce sera la troisième. Ça va être difficile compte tenu du contexte. Ça va être difficile également compte tenu du contexte politique, pas que le contexte budgétaire. Donc, je pense que les élus se demandent, dans cette espèce de tapis de bombe de la loi de finances actuelle et de ce qu'est l'Assemblée nationale actuellement, je sens certains élus un peu perdus sur quelle est la meilleure des choses à faire pour que ça fonctionne vraiment. Alors, ils déposent des amendements Mais en même temps, ils ont arrêté de nous dire qu'on a peur que cette année, ça ne passe pas. Or, ils sont mobilisés et ils déposent réellement les amendements puisqu'ils vérifient en ligne qu'ils l'ont bien fait et qu'ils les soutiennent. Donc oui, on a... nos élus qui sont derrière nous clairement parce que de toute façon il faut aussi voir que par exemple en Pernégaron il y avait une partielle législative donc on les voit très clairement ils passent au micro ils sont devant nos caméras puisque nous on fait de la radio et on la filme également donc ils sont là mais eux sont aussi là que nous et peut-être que vous d'ailleurs et que tous les citoyens Speaker 3: en France Merci Hugues pour cet éclairage et évidemment on va suivre de très près l'évolution de ce dossier. Hugues Devesin, merci et puis bon courage. Merci à Speaker 4: vous, au revoir.

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