L'Interview - Philippe Chapot
Et puisque le les prochains mois seront chargés en événement radio, Rémy Bertholon recevra dans cet épisode Philippe Chapot, le directeur du Paris Radio Show, pour nous parler en détail du salon qui se tiendra début février à Paris. Avec le thème AUDIO ACTION, cette édition du salon veut provoquer un électrochoc auprès de la profession pour se réinventer et s'adapter aux codes de l'audio numérique< tant pour mesurer le succès des programmes que de simplifier l'achat d'espaces publicitaires en radio.
Animation / réalisation : Olivier Oddou
Intervenants : Rémy Bertholon
Invité : Philippe Chapot
Crédits musicaux : Rob - It's a blast (BO du film 'Radiostars'), jingles produits par Pure Jingles [https://purejingles.com/]
Voix off : Estelle Hubert [https://estellehubert.com]
Contact
Par mail : [email protected] [https://www.vocast.fr/contact.html]
X : @DesOndesVocast [https://x.com/DesOndesVocast]
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Speaker 2: Et l'actu du début d'année, c'est toujours les salons radio.
Et ça commence par le Paris Radio Show, ce sera
les 2 et 3 février à la Belle-Villoise. Des ondes vocastes y
seront présents. Avec Rémi Bertollon, nous enregistrerons notre épisode de
février avec des invités exceptionnels que vous découvrirez dans quelques jours.
Venez nous rencontrer et assister à l'enregistrement de ce podcast.
Ce sera le mardi 3 février à 15h. Et d'ailleurs, j'accueille
Rémi Bertollon. Rémi, tu animes le programme en duo Rémi
et Jam pour de nombreuses radios en France. Et tu
reçois le directeur du Paris Radio Show, Philippe Chapeau
Speaker 3: Philippe Chapeau pour le Paris Radio Show avec nous. Salut Philippe,
ça va?
Speaker 4: Oui, salut, très bien, merci et toi?
Speaker 3: Super, merci d'être avec nous. Ce sera les 3 et 4 février
sur le thème qui se veut dynamique, audio-action. Alors, dans
quel sens vous avez travaillé cette approche de l'audio-action, Philippe?
Speaker 4: Écoute, il est quand même en train de se passer
un certain nombre de choses dans l'univers de la radio.
Je ne veux pas être désagréable ni … ni négatif,
mais on a quand même de gros enjeux. Et moi,
si tu veux, je vois ça d'un prisme qui est
un prisme plutôt global. Quand je dis global, c'est au
niveau des différents pays aujourd'hui dans le monde, puisque j'ai
bien sûr édition HF avec la lettre de la radio
et le salon de la radio, mais je m'occupe aussi
de Red Tech, qui fait la même chose que la
lettre de la radio et qui a aussi un événement,
un summit tous les ans en juin qui réunit les
grands patrons de radio. Et dans tous les marchés mesurés
à la mode française, ils ont tous des mesures différentes
et des calculs différents. Mais tous les marchés mesurés, on
a le même constat. Un constat qui est un déni
par la majorité des acteurs. Pour différentes raisons et on
en a déjà parlé au Paris Radio Show et donc
on a décidé cette année de se dire c'est le
moment d'essayer de faire une sorte d'électrochoc et d'actionner les
choses et de faire en sorte que les radios ne
disent pas il faut, il faut, il faut, mais qu'elles actionnent.
Donc la thématique, ce n'est pas qu'une thématique cette année.
On a vraiment tout orienté au niveau du Paris Radio
Show pour faire en sorte que les radios, celles qui viendront,
et j'ai tendance à dire que c'est celles qui souvent
ne disent pas qu'elles sont numéro un, les radios qui viendront,
elles auront de quoi actionner en rentrant du Paris Radio Show.
Et c'est vraiment l'objectif de cette année, c'est d'être le
plus efficace possible, le plus concret possible pour celles qui...
qui aujourd'hui encore ne prennent pas de risques, n'osent pas trop,
n'osent pas faire de vagues. Et donc, on a cette
thématique qui n'est pas qu'une thématique, qui est vraiment un
mot d'or. Donc, on va avoir des intervenants divers et
variés qui ne sont peut-être pas ceux qu'on entend dans
tous les événements parisiens ou tous les gros événements qu'on
peut avoir un peu partout, mais qui sont des gens
qui disent des choses qui sont concrètes, qui sont vraies
et Donc, on a tendance un peu à ne pas
mettre en avant ou ne pas écouter. Ils disent des
choses souvent sur les réseaux sociaux, sur LinkedIn. Et ça
passe un peu en dehors des algorithmes. Donc, on a
réuni un certain nombre de professionnels qui vont faire ce
qu'on appelle des animations et qui vont donner... Des idées
concrètes à toutes les radios qui auront envie de découvrir
des choses et surtout de se remettre en question, ce
qui n'est pas forcément le cas de... de 90% des
patrons de radio aujourd'hui.
Speaker 3: On pourrait croire que c'est culturel. C'est vrai qu'en France,
on aime discuter, débattre, peut-être passer à l'action après. Selon toi,
quand tu vois les différents marchés européens, par exemple, on
est toujours sur cette position, c'est-à-dire beaucoup réfléchir et finalement,
on est très timide à l'antenne.
Speaker 4: Alors, ce n'est pas l'antenne, en fait. Je pense que
c'est l'exécutif qui pose un problème aujourd'hui. Et on le
voit bien, toutes les... Toutes les personnalités, tous les professionnels
qui sont partis des radios pour créer leur propre univers,
leur propre média et qui, pour certains, aujourd'hui, réussissent plutôt
pas mal. Je prends l'exemple de Guillaume Pley, qui est
l'exemple même de celui qui est en train de réussir
la mue de la radio vers... vers un média, comme
il m'a dit quand je l'ai interviewé pour Podcast Magazine.
Il me disait, moi, je fais la même chose que
je faisais quand j'ai démarré dans les radios locales ou
quand j'étais sur Énergie, sauf que je ne suis pas
sur la même route, je suis sur une autoroute. Donc,
il a pris l'autoroute de YouTube. Et ça, je pense
qu'on a un gros problème en France et dans beaucoup
de pays sur la transfo digitale. Il y a une personne,
alors malheureusement, il ne pourra pas être au salon cette année,
mais on le fait venir, nous, au Red Tech Summit
en juin. C'est Alexis Hu qui s'est spécialisé avec sa
boîte audiotique dans la transformation digitale et qui partage des
choses sur LinkedIn et sur son site. Je vous invite
à aller voir. Il a écrit un bouquin aussi qui
est très intéressant sur... En fait, les radios n'ont pas
le réflexe du digital et quand elles l'ont, elles le
font mal. C'est-à-dire qu'elles ne font pas de testing, elles
ne savent pas ce que c'est, elles n'ont pas forcément
de connaissances d'un funnel. C'est quoi un funnel? En fait,
elles n'ont pas le réflexe qu'ont toutes les startups quand
elles démarrent. Comment on gère des clients? Comment on les
adresse après quand ils sont engagés avec nous? Et c'est
pareil avec les auditeurs. Mais nous, on n'a jamais eu
le réflexe de faire ça en radio. Les radios, elles
ont toujours communiqué en disant« Allez sur Twitter, allez sur Facebook». D'ailleurs,
le CSA avait interdit à un moment de parler des
réseaux sociaux sur les radios, mais tout le monde s'est
remis à parler des réseaux sociaux sur les radios. Et
il arrive ce qui est arrivé, c'est-à-dire que tous les
auditeurs sont devenus des internautes, et on ne connaît pas,
on n'a pas leurs coordonnées. Donc le service public, eux,
ils ont pris la bonne direction. C'est-à-dire qu'ils ont un, maintenant,
pour écouter une radio du service public, la plupart du temps,
il faut s'inscrire, il faut laisser ses coordonnées. Pourquoi? Parce
que justement, ça permet après de pouvoir recibler les acteurs.
Donc il y a quelques radios qui ont fait le pas.
Celles qui ont de la vision, mais celles qui ont
aussi un peu d'argent. Le service public a quand même
un peu d'argent. Mais ils l'ont quand même fait. Et
c'est pareil dans beaucoup de pays. C'est-à-dire que la majorité
des radios publiques aujourd'hui, pour écouter leur flux en Belgique
ou en d'autres pays, il faut s'inscrire. Il faut rentrer
sur une plateforme, d'ailleurs, qui a été dédiée à l'audio.
On parle de Ovio. C'est pareil au Québec pour Radio-Canada.
C'est pareil en France maintenant. Et en plus, avec... des
podcasts qui ne sont pas forcément disponibles sur toutes les plateformes,
qui sont maintenant disponibles uniquement si on s'inscrit sur leur site.
Donc tout ça, c'est pour rentrer dans ces fameux funnels.
Encore faut-il pouvoir savoir comment ils fonctionnent. Et ça, c'est
un des gros problèmes de la majorité des radios dans
le monde. C'est qu'elles n'ont pas su prendre le virage
de la transfo digitale. Et celles qui le font, elles
le font mal. C'est-à-dire qu'elles testent un truc, enfin, elles
font un truc, Mais elles n'ont pas de data derrière
pour se dire si c'est réussi ou pas réussi. Le
A-B testing, il y en a très peu qui savent
ce que c'est
Speaker 3: Donc là, c'est la communication, les réseaux, tout le digital.
C'est le travail en priorité avant l'antenne, selon toi
Speaker 4: En fait, c'est deux choses qu'il faut arriver à faire.
Je prends l'exemple de Radio Mirchi en Inde. Je prends
souvent cet exemple parce que c'est vraiment marquant. Radio Mirchi
en Inde a fait une des plus grosses radios 45 millions
d'auditeurs ils ont 55 animateurs qui ont plus de 2 millions de
followers chacun donc c'est pas une petite radio en même
temps c'est l'Inde il y a quand même beaucoup de
monde là-bas Ils avaient une méthode traditionnelle pour mesurer la radio,
qu'ils suivaient un peu comme partout, avec des appels téléphoniques,
des déclarations, souvent sur des papiers où les gens cochaient
des cases pour savoir quelle radio ils écoutaient, puisque c'est
quand même plus traditionnel que ce qu'on a en France
ou dans d'autres pays avec les montres et tout ça.
Et en fait, il y a un annonceur qui est
venu les voir et qui leur a dit, un annonceur d'huile,
d'huile pour la salade, des trucs comme ça. Il leur
a dit, voilà, je veux passer pendant une demi-heure une publicité.
Pendant une demi-heure, ça va être le nom de mon huile,
mais chuchotée. Et aucune radio a accepté cet appel d'offre,
sauf Radio Mirchi. Et Radio Mirchi a passé pendant, je pense,
c'était pendant trois semaines ou un mois, cette publicité de
manière récurrente sur son antenne. Et elle a regardé ce
que ça avait fait comme impact au niveau de ses audiences.
Aucun impact. Et donc, elle s'est dit... l'audience, ce n'est
pas ça que je vais suivre. Je vais suivre simplement
ce que, un, mes annonceurs veulent et deux, mes auditeurs veulent.
Par contre, ils avaient eu des réactions au niveau des auditeurs.
C'est-à-dire que les auditeurs, ils ont dit, mais comment vous
pouvez passer une pub de 30 minutes avec de l'huile? Mais nous,
on n'écoute plus. Et donc, c'était surtout ça qu'ils ont
eu comme réaction. Et ils ont décidé de faire deux choses. Un,
de mettre à l'antenne, parce qu'ils avaient eu en parallèle
une animatrice qu'ils avaient arrêtée, parce que l'animatrice, elle parlait mal.
Elle n'avait pas une voix de radio. Et elle faisait
des fautes d'orthographe quand elle parlait. On sentait que c'était
pas clair. Sauf que quand ils l'ont virée, il y
a eu un tel délire au niveau des auditeurs. Ils
ont fait des Ils sont allés dans la rue, ils
ont envoyé des messages, mais c'était un truc de malade.
Et puis c'était des millions et des millions de personnes
qu'ils l'ont remis à l'antenne alors qu'elle n'a pas une
voix de radio. Et que pourquoi? Parce que tous les matins,
elle racontait une histoire sur les réseaux sociaux. Et ensuite,
elle invitait tout le monde à venir sur la radio.
Et ensuite, elle invitait tout le monde à venir dans
un supermarché parce qu'elle allait acheter un truc. Et c'était
de la folie en fait! Et donc, elles racontaient une
histoire tout au long de la journée. Et c'est ce
qu'ils ont fait avec leurs 55 animateurs. Ils ont simplement raconté,
ils font en sorte que leurs animateurs, qu'ils rémunèrent, écoute bien,
ils rémunèrent leurs auditeurs pour poster sur leurs réseaux sociaux
et pour raconter une histoire tous les jours. Et ça,
c'est un exemple même. Et ils ont arrêté d'écouter les
mesures d'audience. Alors, je ne dis pas qu'il faut arrêter
de prendre en compte la mesure de l'audience parce qu'aujourd'hui,
dans tous les marchés qui sont mesurés, c'est le seul
moyen pour avoir un modèle économique viable. Mais on est
dans une situation, dans beaucoup de pays aujourd'hui, où on
est face à des acteurs qui sont capables de réunir
des KPIs immédiatement. Les KPIs, c'est les datas, les données
dont les annonceurs ont besoin? pour savoir si vraiment il
y a une rétention. Est-ce qu'on écoute longtemps le contenu?
Est-ce que vraiment c'est écouté? Est-ce qu'il y a un
clic derrière? Est-ce qu'il y a des actions qui se mettent?
Tout ça, c'est des données dont les annonceurs ont besoin.
C'est vrai qu'on n'a pas le ciblage, mais maintenant on
commence à l'avoir de plus en plus avec savoir est-ce
que c'est un CSP +, est-ce que ça c'est ce
que Médiamétrie ou les autres Nielsen et compagnie peuvent apporter
avec leur panel. Mais la manière dont c'est mesuré, elle
ne peut pas être comparée à ce que le digital
peut apporter. Et donc, ce que font les acteurs du
digital aujourd'hui, ceux qui sont des pure players, ce qu'on appelle?
ils sont en train de faire du qualitatif plutôt que
du quantitatif. Et ils se rendent compte qu'avec le qualitatif,
on arrive à cibler beaucoup plus et avoir un retour
sur investissement qui satisfait beaucoup plus les annonceurs. Et ça,
il faut qu'on arrive à passer sur un système. Et
je pense que ce n'est pas que la France. On
n'a pas aujourd'hui de système coordonné en Europe, par exemple.
pour acheter simplement pour une marque comme McDo, une marque comme,
je ne sais pas moi, Auchan, de la publicité en Europe,
simplement comme on achèterait du Google Ads ou du Meta. Moi,
je dois pouvoir prendre ma pub, si j'ai envie, dans
toutes les radios européennes, en un clic. Alors ça se
fait maintenant sur les streams. Regarde ce qui se fait
sur les streams. Les streams, ce que proposent ce qu'on
appelle les ad tech qui sont aujourd'hui sur le marché,
c'est de la pub ce qu'on appelle programmatique sur les
streams des radios où c'est des enchères. Des enchères qui
sont calculées au mieux-disant, à la seconde près, qui viennent
en intrusive dans ton flux et qui, en plus, sont
vendues au rabais pas cher. Donc, moi, je pense qu'il
y a vraiment une réflexion. Et ça, c'est ce dont
on a parlé l'année dernière au Red Tech Summit et
on est sortis avec cette réflexion. cette idée-là de se dire,
il faut qu'il y ait une vraie réunion de l'ensemble
des acteurs de la publicité au niveau européen pour que
ça soit simple d'acheter de la radio. Aujourd'hui, c'est très
compliqué de lâcher de la radio pour aller sur l'AFM.
Pour le streaming et l'achat programmatique, c'est simple parce qu'il
y a des plateformes qui existent, mais maintenant, il faut
passer le pas et arriver à faire aussi simple que
Google Ads et que Meta. Et ça, c'est le nerf
de la guerre, parce que les radios privées, elles sont
financées par la publicité. Les radios associatives aussi, on peut
dire ce qu'on veut, mais on a fini avec l'idée
de dire qu'une radio associative, c'est pas une entreprise. Une
radio associative, c'est une entreprise. Elle a peut-être que 20%,
si elle touche le fond de soutien à l'expression téléphonique,
de publicité possible au niveau de son chiffre d'affaires, mais
c'est quand même 20% de son chiffre d'affaires. Donc, ce
n'est pas négligeable. Et tout ça, il faut que ça
soit simple à pouvoir acheter et pas uniquement dans un pays.
Il faut qu'il y ait une approche globale et bien sûr, après,
ça servira en national, en régional et en local parce
qu'il faut aussi proposer cette géolocalisation qui est quand même
assez simple sur le digital. Donc, il y a vraiment
des gros enjeux. Je sais qu'il y a des choses
qui sont en train de se mettre en place, mais
c'est long et en face de ça, on a des
acteurs du digital qui vont à 200 à l'heure et maintenant à 300, voire 400, voire 500,
voire 1000 à l'heure avec l'intelligence artificielle. Donc, il faut vraiment
qu'on se bouge les fesses. Et si on ne se
bouge pas les fesses, si on n'actionne pas maintenant et
si on ne prend pas des risques maintenant pour Pour
avoir une singularité, la radio a besoin de retrouver sa
singularité et de faire en sorte qu'on passe de 10%
de radio, allez, je suis gentil à 10%, on va
dire 5-6% des radios en France, dans les 1200 radios qui existent,
qui ont cette singularité et qui essayent de la développer,
il faut qu'on passe à 50% de cette singularité. Il
faut que les radios arrêtent de se ressembler, il faut
que les radios arrêtent de faire les mêmes mornings, il
faut que les radios arrêtent de diffuser la même musique.
Alors oui, c'est facile, oui, c'est simple. Mais c'est ce
qui fait que maintenant, de plus en plus, les radios,
leur chiffre d'affaires baisse. Je ne parle pas qu'en France,
je parle au niveau global. Et ils sont en train
d'aller dans le mur, de se faire racheter par d'autres groupes.
Et donc, on va terminer dans 4-5 ans avec 100 radios.
Il y aura une radio par thématique, une Nostalgie, une
Skyrock et les autres, elles seront rachetées ou elles disparaîtront.
Parce qu'en face, ce sera la bataille. Et ça, ce
n'est pas ce qu'on a envie, nous. On a envie
de garder une diversité, un pluralisme. Et puis, on a
aussi des enjeux au niveau des radios associatives, avec quand
même le fonds de soutien qui, depuis deux, trois ans,
est remis en question. Et un jour ou l'autre... Il
va certainement tomber. Donc, il faut qu'on arrive à trouver
pour les radio-associatifs des modèles économiques parallèles. Je sais que
les syndicats et les confédérations travaillent énormément dessus et nous,
on fait tout pour les mettre en avant. Mais c'est
vrai qu'il y a du boulot.
Speaker 3: Alors, quelques nouveautés quand même pour cette saison et notamment
sur les têtes de réseau. Est-ce que pour toi, Philippe,
c'est une volonté d'action ou on est juste dans le
jeu des chaises musicales
Speaker 4: Je pense que les radios, elles se rendent compte des
choses qu'il faut mettre en place. Et en effet, le digital, aujourd'hui,
on est obligé de le conquérir. Donc oui, il y
a des choses qui ont évolué en cette rentrée et
il y a des initiatives intéressantes avec des Voilà, des
radios qui essayent d'occuper le terrain qu'occupent aujourd'hui un certain
nombre de ce que j'appelle moi les néomédias, c'est-à-dire ce
qu'on appelait les influenceurs avant et qui sont maintenant des
marques plus puissantes que les plus grands médias, télévision ou
presse écrite ou radio réunis. Donc, ils sont en train
d'essayer de s'assister. Il y en a qui copient aussi beaucoup,
tu vois. Moi, je vois énormément de podcasts qui sont
copiés de podcasts natifs parce qu'ils se sont dit, tiens,
on va faire la même chose et on va le
mettre sur notre antenne. Ce n'est pas ça la singularité.
La singularité, c'est être capable, c'est ce que disait Franck
Lanoue quand je l'ai interviewé dans mon portrait de Alors
la Chapeau, c'est être capable de faire les choses quand
on sait que les autres ne sont pas capables de
les faire. C'est mettre
Speaker 2: en
Speaker 4: place des émissions, des concepts, quand tu sais que tu
es le seul capable de le réaliser. C'est ça la singularité.
et ça c'est compliqué mais je pense que si les
radios actionnent et passent dans une singularité prennent des risques
comme le font un certain nombre de radios on voit
là Nova elle a pris quand même un certain nombre
de risques alors Voilà, ils sont rappelés à l'ordre à
certains moments, mais en même temps, c'est normal, en fait.
Et ça se voit sur les médias métris, ce qui
est bien, ce qui n'est pas forcément toujours le cas.
Il y a des radios qui font des choses très
bien et qui bougent très bien sur le digital et
ça ne se voit pas forcément sur le média métri.
Par contre, on le voit vite au niveau des retours.
Si on a mis en place... des mécanismes sur le
digital qui nous permettent de pouvoir mesurer ça et d'ajuster.
On peut tellement ajuster vite en radio, on a tellement
de dynamisme que le digital, c'est bien, mais il faut
aussi penser à l'antenne. Moi, si tu fais un truc
sur le digital, mais que ton antenne, elle est toujours
pareille et que tu as toujours le même genre de
pub avec les mêmes accroches, on a un problème là-dessus aussi.
C'est-à-dire qu'il n'y a pas de créativité publicitaire. Et il
y a des choses qui peuvent être efficaces, mais il
y a peut-être des nouveaux modèles à explorer au niveau
de la publicité, qui aujourd'hui est utilisé dans le podcast notamment,
ou dans le digital, et qu'on n'ose pas mettre en
place en radio. Donc je pense que cette singularité-là, elle
doit être sur l'antenne, elle doit être sur le digital,
et il faut vraiment la mettre en place très vite,
parce que je pense que ça va être très compliqué
si rien ne bouge.
Speaker 3: Les 3 et 4 février, pour passer à l'action, ça sera au
Paris Radio Show Audio Action. Merci Philippe Chapeau, on se
voit à Paris
Speaker 4: Merci
Speaker 3: Rémi,
Speaker 2: à bientôt.



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