Dans les coulisses des Grosses Têtes
Grande nouvelle : c’est le retour de Julien Vigier dans Des Ondes Vocast. À l’occasion de la disparition de Philippe Bouvard, Julien revient pour nous, sur son expérience aux Grosses Têtes. C’était il y a vingt ans, il était alors stagiaire à RTL. Il nous raconte les coulisses de l’émission, comment elle se préparait autour du mythique Philippe Bouvard et de son équipe.
Crédits musicaux : Rob - It's a blast (BO du film 'Radiostars'), jingles produits par Pure Jingles [https://purejingles.com/]
Voix off : Estelle Hubert [https://estellehubert.com]
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Par mail : [email protected] [https://www.vocast.fr/contact.html]
X : @DesOndesVocast [https://x.com/DesOndesVocast]
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Speaker 2: Et puis, évidemment, impossible de parler de cette rentrée radio
sans évoquer la disparition de Philippe Bouvard. La nouvelle est
arrivée le jour même de la rentrée des grandes radios généralistes,
le lundi matin. Un timing assez incroyable, alors que cette
rentrée radiophonique devait justement marquer le retour de nombreuses émissions
et de nombreux animateurs. La nouvelle matinale de RTL, animée
par Céline Landreau, fut chamboulée dès le premier jour. Et
pour parler de cette disparition, j'accueille tout de suite Julien Vigier.
Salut Julien
Speaker 3: Salut Olivier, salut Rémi, salut à toutes et à tous,
chers auditeurs des ondes vocastes. Ben dis donc, ça fait
un moment qu'on ne s'était pas parlé, ça me fait
plaisir d'être avec vous aujourd'hui. Et nous Julien, tu nous
Speaker 2: as manqué. Très très heureux de te retrouver à nouveau
pour cette rentrée des ondes vocastes. Je le rappelle, tu
diriges le studio de création et d'animation audio VO2X après
une longue carrière en radio. Et Julien, ton premier stage,
c'était justement aux Grosses Têtes.
Speaker 3: C'est ça Olivier, c'était mon tout premier stage RTL, la
grande maison. A l'époque, j'étais au Studio École de France.
Merci pour eux d'ailleurs de m'avoir donné l'opportunité d'aller sur
RTL car j'y suis allé finalement deux fois. D'abord aux
Grosses Têtes et puis ensuite avec Isabelle Quenin. Mais le
premier stage... Aux grosses têtes, c'était mon tout premier stage
de radio. Donc, les portes s'ouvrent, rue Bayard. Je ne
sais pas si vous imaginez le quartier historique de Paris
à côté des Champs-Elysées. Bon, ça fait quelque chose quand même.
Ceux qui ont été à RTL le savent. C'est forcément, voilà,
il y a cet escalier, on croise des stars. Moi,
j'ai vu Max de Fun Radio, donc c'était complètement zinzin
à l'époque. J'arrive là-bas pour faire quoi? Principalement pour travailler
sur les questions. Il fallait sortir un max de questions,
en fait, pour que Philippe Bouvard en retienne très peu,
en réalité. Mais bon, il adorait avoir beaucoup de questions
sous la main. Alors, comment on trouvait les questions? Tout simplement,
d'abord avec les archives. 2003, ça c'était le début de
mon stage, vous imaginez bien, l'émission avait une bonne paire d'années, facile.
Donc forcément, on avait des archives et on allait chercher
des petits papiers, des anciennes questions déjà posées dans l'émission.
Et on se demandait si elles pouvaient être reposées, c'est-à-dire
si elles étaient encore contextualisantes. si elles étaient encore d'actualité, etc.
Donc ça, c'était une première partie, on va dire, assez mécanique, finalement,
de travail d'archives. Puis, on devait aussi regarder les questions
qui arrivaient de la part des auditeurs, savoir si c'était
bon à poser, en réalité, d'abord si la réponse fournie
était correcte, si la question était drôle, était pertinente, elle
était originale. Et là-dessus, il y avait parfois les jeux
de mots, donc Mme Grosper de Loche, évidemment. Donc c'était
parfois inventé de la part des auditeurs, Et certaines fois,
de notre part, de notre service, alors pas moi directement
en tant que stagiaire, c'est un peu trop de responsabilité.
Et puis, je crois que j'étais nul pour trouver ça
à l'époque. Mais je crois que mon responsable de service
était notamment celui qui inventait parfois certains jeux de mots.
Mais les auditeurs eux-mêmes faisaient des jeux de mots. Ça,
il faut le savoir. Et enfin, pour les questions, on
allait les inventer également. Nous, on allait créer des questions.
Et ça, c'était avec le Quid. Je me souviens bien
de ce gros dictionnaire qui était dans les bibliothèques dans
les années 90. Tout le monde l'a eu, le Quid.
Ça a disparu aujourd'hui, mais il y avait plusieurs faits
d'actualité de... de culture générale. On avait aussi le Guinness
Book des records. Ça me revient maintenant. On pouvait aller
regarder là-dedans et il fallait en réalité pondre 20 questions
par émission. Donc moi, mon collègue stagiaire aussi qui était
avec moi. Et je crois qu'il y avait une troisième personne,
le responsable de la production de l'émission. Enfin, ça faisait
un paquet de questions envoyées à Philippe Bouvard qui les recevaient,
qui les annotaient et qui, dans la grande tradition de
Philippe Bouvard, c'est-à-dire qui ne laissait rien passer, nous renvoyait
ça avec des annotations. Et c'était en rouge. Il y
avait des fautes d'orthographe qui étaient rayées, évidemment. C'était genre ça,
c'est nul, c'est bien. Quand on recevait la copie, je
ne cache pas qu'il y avait une petite goutte de
sueur qui arrivait et un petit stress quand même. Et
tu as pu assister aux enregistrements? Oui, tout à fait.
On avait le droit d'assister à l'enregistrement des émissions. À l'époque,
ce n'était pas quotidien. Il y avait le lundi, le
mercredi et peut-être le vendredi aussi. C'est un peu flou
dans ma tête. En tout cas, c'est sûr que ce
n'était pas quotidien. Ça, c'est sûr. Grand studio d'RTL avec
Philippe Bouvard, des émissions qui étaient enregistrées sur la longueur.
C'était très long l'enregistrement parce que Philippe Bouvard n'entendait pas tout,
il faut être honnête. Et je crois que maintenant, on
peut le dire, tout le monde le sait, il y
avait un peu chez Philippe Bouvard des problèmes d'audition, n'est-ce pas?
Et donc forcément, parfois, il posait des questions à ses
sociétaires et la réponse était donnée, mais lui, il ne
l'entendait pas. Et donc, les sociétaires, par complicité, continuaient finalement
de jouer, de faire des blagues. et redonnait la bonne
réponse au bout d'un moment. Et c'est à ce moment-là, généralement,
que la bonne réponse était validée par Philippe Bouvard. Donc c'était,
je me souviens, des émissions dont l'enregistrement me paraissait, moi, long.
Alors je ne sais pas comment c'est aujourd'hui, j'ai l'impression
que c'est dans les conditions du quasi-direct et que Laurent
Ruquier va plus vite. Mais c'est vrai que j'avais l'impression
que c'était long. Alors ça ne gênait pas du tout
le public. Clairement, ils étaient là et ils faisaient la queue, d'ailleurs,
sur le trottoir d'RTL pour venir le voir et Franchement,
ça ne les gênait pas. Mais moi, en tant que
jeune gamin de 20 ans, ça me semblait très long.
Bon courage à ceux qui montaient l'émission alors. Exact. Il
fallait monter tout ça. Et alors là, c'est incroyable parce
que nous, dans notre bureau, on avait en face la
personne qui faisait le montage des grosses têtes. Et cette personne,
elle était toute seule et elle fumait des cigarettes. À l'époque,
on pouvait fumer dans les bureaux. Ça fumait de la
grosse clope. Et cette personne, dont j'ai oublié le prénom, évidemment,
mais cette personne était très cool, mais Son taf, en fait,
c'était de monter l'émission, mais sur bande. Ça sortait sur
bande à l'époque. Donc, nous, on entendait le montage. C'était
pas du tout au casque. Lui, il s'en foutait, il
montait ça directement à balle dans le bureau. Et donc,
on entendait toute la journée, pendant que nous, on travaillait
sur l'émission du lendemain, par exemple, on entendait le montage. Yipp!
Bonne réponse! C'était incroyable. Toute la journée, on avait le
montage sur bande. On entend qu'il y a des coupes,
on entend que les rires sont rajoutés. Et en plus,
dans cette vapeur de clope, je trouve que ça avait
une saveur, pour le coup, tout à fait inédite et
qu'on n'a plus du tout aujourd'hui. Voilà, c'est les souvenirs
que j'ai eus de mon stage à RTL et aux
Grosses Têtes que j'avais envie de vous livrer en hommage
à à la disparition de ce grand, grand monsieur de
la radio qui, quand il arrivait à RTL dans sa
Jaguar ou sa Rolls-Royce, c'est vrai que ça faisait quelque
chose quand même
Speaker 2: Merci Julien pour ce beau témoignage.



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